charte du communiquand (alias commmunionaste)


Je suis convaincu que le concile Vatican deux n'est pas moins inspiré dans ses décrets et décisions que les conciles qui l'ont précédé, notamment le concile de Trente et de Vatican I.

 Je suis convaincu qu'il faut lire, interpréter et appliquer les documents du concile dans l'esprit de la Tradition.
 Tout changement induit par le concile doit couler sans heurt, rupture, ni coupure, d'une façon quasi organique de ce qui se faisait avant, et surtout se justifier par des fruits pastoraux, qu'il faut prendre le temps de regarder pousser et mûrir pour les récolter et les trier avant de voir comment ils se conservent. En fonction de ces fruits seulement, on décide de retirer, de regreffer, de continuer à cultiver ou de planter en plus grand nombre les arbres qui les ont produits.

 Je suis convaincu que dans les applications et adaptations en aval du concile, il y a eu certains malentendus, et surtout des précipitations et des manques de discernement.
 Les précipitations sont passés trop vite d'un "ad experimendum" à des habitudes établies, et de "provisorium" à des habitudes définitives.
 Les manques de discernement ont surtout eu lieu entre le possible, l'interdit et l'obligatoire: Ce qui devenait (provisoirement) possible devenait trop vite (définitivement) obligatoire, et ce qui était obligatoire devenait trop vite interdit, et ce souvent contrairement au texte des documents pris à la lettre.
 Le chant grégorien, l'utilisation du latin, la question de la position de l'autel et du tabernacle, certaines autres dispositions architecturales et mobiliaires dans les églises (chaire, banc de communion, baptistère) font partie des victimes de ces manques de discernement. Encore que, si on regardait de près les procédures de reconnaissance et d'approbation par Rome, on s'étonnerait peut-être de la valeur canonique (ou pas canonique du tout) de certaines habitudes "définitives et obligatoires" dans nos liturgies.

 Je ne suis pas des nostalgiques du passé:
 J'approuve la tolérance et l'accueil général du rite romain sous sa forme dite "extraordinaire" (en dehors, ou antérieur aux nouvelles normes), mais je pense que le rite romain ordinaire, dans ces normes, dans sa forme complète, conforme et authentique n'est pas moins respectable. Je déplore par contre, sans pour autant mettre en question la validité de ces messes, les rites de forme "infra"ordinaire, en dessous des normes et hors-norme.

 Je suis convaincu que moyennant quelques réformes de la réforme et quelques harmonisations entre les deux formes actuelles du rite romain, quelques harmonisations entre le missel, l'ordo cantus missae et le graduel actuel, l'Eglise catholique sera capable de retrouver une liturgie théocentrique, logocentrique, et par conséquent unique, unifiante et sanctifiante.

  J'entends l'encouragement du concile pour l'élaboration d'éditions plus critiques du chant grégorien pour son exécution aussi. Sans vouloir tomber dans des excès d'archaïsme, ni du criticisme subjectif, je pense que le plus important dans le chant grégorien est le respect et la compréhensibilité du texte latin d'abord, le respect et la bonne différenciation des neumes ensuite, et la liberté d'une exécution organique en commun dans un climat de dialogue et de paix, sans rupture avec les traditions d'interprétations, sans fausses nostalgies traditionnelles pourtant, mais avec un regard de plus en plus différencié sur la Tradition.
 Je suis convaincu que le chant grégorien, avant d'avoir été un chant du passé est toujours un chant à venir. Sa force est dans sa présence actuelle.



 Je demande une gestion plus claire et plus lisible des étapes d'expérimentation, de provisoire et d'approbation définitive des habitudes liturgiques dans leur évolution organique et fructifère.

 Je demande qu'on revoit la position des autels: Ceux qu'on a avancé du mur, conformément aux recommandations des documents post-conciliaires, pour qu'on puisse faire le tour, il ne faut pas qu'ils soient avancés vers un précipice de marches qui empêchent d'en faire le tour par devant et de se tenir devant l'autel...  Qu'il soit possible à n'importe quel autel (mis à part ceux qui sont restés -pour des raisons de respect du patrimoine- "collés" aux murs) de célébrer la messe aussi bien derrière l'autel, que devant l'autel, tourné avec les fidèles vers le Seigneur, surtout si le choeur de l'église est bien orienté vers l'Est, ou si le tabernacle avec la présence divine est (resté) derrière l'autel, et que celui qui célèbre "vers le peuple" serait obligé de tourner le dos au tabernacle pendant toute l'eucharistie.

 J'aimerais bien qu'on en finisse avec les doublures d'autel: un autel par choeur, et non pas deux: un (l'ancien) collé au mur, et un autre plus ou moins amovible tourné vers les fidèles...

 Je demande qu'on délivre le chant grégorien de son interdit liturgique. Les cantiques vernaculaires peuvent trouver/garder leur place après la communion, et après la messe, en chant de sortie, ou avant la messe, bien avant la procession d'entrée accompagnée par l'introïte. Pour les chants vernaculaires, je demande une gestion plus claire de leur approbation et de leur caractère approprié aux différents rites et temps liturgiques.

 Je demande que soit offerte une formation plus poussée à notre clergé dans les questions liturgiques et une sensibilisation et du clergé et du peuple de Dieu à ces questions.

 Je demande la priorité dans toute les décisions liturgiques au niveau paroissial en faveur des rubriques officielles, et une moindre confiance dans les idées créatives, de dernière minute, les modes, les bricolages, les improvisations... et une moindre influence des revues liturgiques et des missels jetables. (Ou que ces documents fassent l'effort de mieux refléter les documents officiels.)

 Je demande la révision de l'utilisation des systèmes d'amplification des voix dans nos églises, des instruments d'accompagnement fantaisistes et électroniques et des chauffages trop bruyants.
 Va de paire avec les deux premières révisions la formation vocale du clergé et la formation musicale et des fidèles et du clergé.

 Je demande la restriction des micros d'autel qui blessent ma sensibilité religieuse. Je demande au clergé de retrouver la voix sans amplification, et même la voix basse pour l'offertoire et les paroles les plus importantes de la messe, que de toute façon nous sommes sensés savoir par coeur, et qui se vivent plus intérieurement avec le coeur quand ils ne sont pas réverbérés dans la sonorisation.

 Je demande qu'on distingue bien une messe basse, lue, ou dialoguée pendant laquelle on chante des cantiques, d'une messe solennelle chantée. Une messe chantée commence par l'introîte, se poursuit par le chant des dialogues entre le prêtre et le peuple, à commencer par le signe de croix, peu importe que ce soit la messe chantée en latin ou en vernaculaire d'ailleurs, y compris la préface, l'ordinaire et le reste du propre. Ce serait bien si les lectures, le psaume de toute façon, l'évangile et la prière universelle se cantillaient -surtout dans les petites églises et les églises bien conçues du point de vue acoustique- sans micro.



 Je m'engage à me documenter et former de mieux en mieux aux questions liturgiques, et d'en faire profiter mon entourage, avec l'envie et la ferme résolution de me conformer de mieux en mieux aux prescriptions des rubriques, sans égard pour l'amour propre de mes petites vieilles habitudes. S'il y a des rubriques qui me sont impossibles, malgré tous mes efforts, je me fais un devoir de le faire savoir aux instances qui les ont formulées.

 Je m'engage à ne rien revendiquer aux autres par la violence, ni par imposition, mais en proposant et en informant d'une manière ferme, mais humble.

 Je m'engage à travailler le chant propre de l'Eglise, si j'étais doué, dans le Graduel romain, et si je suis moins doué ou débutant, dans le Graduale simplex, qui est une excellente école d'apprentissage qui peut finir par apprendre à aborder le Graduel romain lui-même. (Un tel engagement de travail devrait entraîner des rencontres de répétitions hebdomadaires là où c'est possible et où il y a assez d'intéressés, et la participation à une semaine de formation régionale annuelle...)

 Je m'engage, là où je vais à la messe, de proposer l'exécution de l'une ou l'autre pièce grégorienne du jour ou d'un ordinaire à condition de bien les connaître et de bien savoir les interpréter. Tout seul à défaut d'être plusieurs, mais de préférence à plusieurs. Sans pour autant prendre la place des chants ordinairement prévus et préparés par les "responsables" liturgiques de la messe que je fréquente. L'antienne de communion peut être une telle proposition à la portée de tous sans déranger personne.

 Je m'engage à apprendre le minimum de chants latins que nous demandent d'apprendre les documents liturgiques officiels: Pater Noster et Credo.

 Je m'engage à apprendre au moins les ordinaires de messe grégoriens les plus simples et les plus populaires.

 Je m'engage à ne pas bouder systématiquement les chants vernaculaires, mais à contribuer à leur exécution et leur amélioration, et de les chanter à l'endroit explicitement prévu pour eux, après la communion, à l'endroit où ils sont possibles, sans être prioritaires (surtout aux messes non chantées, mais basses, lues et dialoguées): à l'entrée, en chant pendant la procession de communion, à l'ordinaire de la messe, et à l'endroit où ils ne sont pas prévus, mais possibles: en fin de messe, de préférence après l'envoi, s'il s'agit de cantique de mouvement d'église à proprement parler non-liturgique.

Présentation

Profil

  • Jean von Roesgen
  • Le blog de Jean von Roesgen
  • Homme
  • 08/01/1963
  • peinture jardinage chant grégorien
  • J'ai fait théologie, puis les beaux arts comme études. Si je les avais fait dans l'autre sens, peut-être que j'aurai plus de crédit auprès de cette Eglise...
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