spiritualité

Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /Juin /2008 18:24

 La fameuse "culture de la mort", tant dénoncée par Jean-Paul II (on pourrait aussi parler de la culture de l'instrumentation et de la manipulation, de la chosification, de la numér(ot)isation, bref il s'agira d'autant de formes d'idolâtrie, l'idole étant une chose figée, inanimée, morte... mais maniable): L'euthanasie, les avortements, les contraceptions, les manipulations génétiques, les travaux sur embryons, les guerres, la néo-colonisation avec ses moyens d'exécution saugrenues: famines et désertifications, sont pas les seuls pointes de cet iceberg qui fait froid dans le dos. Pratiquement tous nos moyens de transport et de chauffage, de productions alimentaires etc. tirent leur énergie d'un concentré de cadavres, des nappes noires pétrolières, alors que nous savons tous que ces réserves sont limitées, et que si nous continuons à les brûler, nous continuons à rendre l'air qui nous couvre irrespirable.
 C'est comme l'Espagne qui faisait faillite alors qu'elle se regorgeait de l'or de ses colonies, qu'elle dilapidie, tant qu'elle n'a pas compris qu'il faut garder cet or en coffrets comme contre-valeur des valeurs qui circulent et qui font marcher la vie économique.
 On n'a pas encore compris que l'or noir est la contre-valeur de l'air léger et respirable (c'est un va et vient, comme le flux de l'argent). Alourdi par les masses noires des nappes pétrolières, cet air ne s'échange plus pour promouvoir la vie. C'est la faillite: La mort d'un crash.

 Un autre indice de cette cuture de la mort, c'est que notre civilisation a une prédilection incompréhensible pour les dalles en béton et en goudron, dont elle couvre les terres les plus vivantes, les espaces les plus labourables, les sols les plus fertils. Comme des grosses dalles de tombeau.

 Sans parler des longues longues dalles de nos systèmes routiers, qui en plus donnent l'impression d'avoir besoin de sacrifices et de victimes (Opfer: Verkehrsopfer)...
Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
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Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /Juin /2008 15:53

10.6.2008

On croit en générale que l'Eglise ne fait que brimer, interdire et commander.

Alors qu'elle a deux intentions fondamentales qui libèrent, permettent d'ouvrir, de s'ouvrir, de changer et de servir:
 
Le BONUM COMMUNE: Le bien de tous. L'Eglise ne perd pas de vue (et si des églises le perdent de vue, il faut le leur rappeler) le bien commun de tous. C'est à dire le bien de toute l'humanité présente et future. Dans ce sens, il importe vraiment avec quoi nous gagnons notre pain, avec quoi nous nous divertissons, comment nous nous nourrissons, comment nous nous chauffons, comment nous nous déplaçons, si c'est en collaborant un maximum  aux structures qui briment, écrasent et commandent l'humanité, aux structures qui contribuent à la pollution, et qui briment, écrasent et disposent donc des ressources naturelles (même les plus cycliques et renouvelables: eau, faune et flore) des générations futures, ou si c'est en nous entraidant à ne pas courir à la mode, mais à résister et réduire notre collaboration à un minimum. Jésus n'était pas venu libérer toute l'humanité de son temps de ses misères, mais son ancrage imperturbable dans la vision globale salvatrice de son Père lui a permis de faire pas mal de bien sur son passage. Il n'est pas plus le roi d'un royaume écologique (on a bien raison de se méfier de courants néopaganistes dans l'écologie, mais cela ne doit pas nous empêcher d'avoir un souci consciencieux pour la création) ou d'une société sans classes (le marxisme a démodé, heureusement) qu'il n'a été le roi qui libérait des romains, mais il a permis, en faisant ce que lui inspirait le Père, de convertir toute la gente romaine en moins de 400 ans.

Et la COMMUNIO SANCTORUM, la communion des saints qui concerne surtout l'humanité passée et l'humanité présente en accord avec celle qui est entrée dans cette union de Dieu. C'est elle qui nous motive et nous encourage. Loin de nous commander, elle nous pousse à faire pareil: à donner notre vie pour la gagner, à nous soumettre à la loi de l'amour pour nous libérer des lois de la haine, du mépris du dédain et de l'exploitation.

Moi, personnellement, je suis au plus loin de ces deux intentions, mais si je fréquente l'Eglise, c'est pour être converti sur ce chemin. Pour être mis en lien avec cette Tradition, pour être nourri de cet enseignement, pour être libéré par cette Bonne Nouvelle.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
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Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /Juin /2008 12:55

 12.6.2008


 Je m'étais allongé sous l'arbre, et je voyais mes pieds bien chaussés avec des chaussures de marque. Je me souviens de l'été où je m'étais fait voler les sabots que j'avais laissé au bord d'une prairie pour me promener pied nu. Je n'en ai pas racheté d'autres, et j'ai passé cet été sans chaussures. Parce que je venais de déclarer que ce qui vaut la peine qu'on le vole vaut la peine d'être volé. (Was stehlenswert ist, ist wert, dass es gestohlen wird.)

 Cela me fait penser à l'obligation de traduire les coutumes monastiques d'un contexte culturel ou historique dans un autre, et les problèmes que ces traductions présentent:

 Je suis désolé, mais traduire les pieds nus des déchaussés dans notre temps n'en fait toujours pas de pieds habillés.

 Traduire l'interdiction de la viande dans notre temps n'en fait toujours pas d'en manger. Si le poisson est devenu plus cher que la viande, ce n'est toujours pas une raison pour ne plus cultiver ses légumes et entretenir son poulailler.

 Peut-être que la bassine de toilette des visitandines doit se traduire aujourd'hui en salle de bain, mais éviter les montures quand on peut marcher à pied ne se traduira toujours pas par conduire une voiture automobile.

 Traduire en son contraire n'est pas vraiment une traduction. Traduire, ce n'est pas trahir.

13.6.2008

 C'est sûrement plus facile de traduire les indulgences et les dérogations, les douceurs et les concessions que de traduire les restrictions et les interdictions.
 Si St Benoît accorde à ses moines du vin, il ferait pareil pour le café et le chocolat probablement. En même temps, les restrictions qu'il y apporte sont tout aussi transposables: Que le moine ne soit pas ivrogne (en générale, dans les monastères, la consommation de café se réduit au café du matin, et à midi il se prend uniquement s'il donne prétexte à une récréation, ou s'il faut le partager avec quelque hôte) et que les moines dans des pays où il n'y a pas de vin ne s'en plaignent pas (au sujet de cet argument qui sonne tellement macrobiotique, j'avais noté il y a des années de ça, quand le cardinal König de Vienne (où était-ce Meissner de Cologne?) prétendait que lui ne participait à l'exploitation de personne, si vraiment les bananes, son poivre et son café poussaient dans son petit jardin d'agrément...).
 Si les règles monastiques proscrivent la viande, cela n'a jamais été pour la remplacer systématiquement par du poisson, des oeufs et du fromage... Et, cela ne veut pas dire, qu'au cas où ceux-ci deviennent plus cher que la viande, qu'il faut les reconvertir en viande. Eviter la viande a aussi des raisons et une tradition toutes éthiques, hygiéniques, sociales, écologiques en soi aussi objectives qu'un pied nu se distingue d'un pied chaussé.


Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
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Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 13:55

 "Un tronc coupé de ses racines n'a pas grand chose à  transmettre à ses branches, ni les branches aux feuilles."
(Moi aussi, j'ai horreur des auteurs qui se citent eux-mêmes...)

 Gardons l'image de cet arbre.

 (La première affirmation dans les actes post-synodales de Mgr Turini, évêque du Lot, concerne l'enracinement de toute la vie de l'Eglise dans le Christ, je me suis permis l'autre jour de lui soumettre que l'enracinement dans le Christ, ce n'est pas une culture sur des coussins en plastique remplis de terreau post-conciliaire... C'est à la fin de ces mêmes actes qu'il nous invite à ne pas écraser les jeunes pousses de l'Eglise par trop d'exigences...)

 Je suis d'accord pour admettre que les feuilles dans les hauteurs de l'arbre ne sont pas au même régime que les racines et le tronc. Et qu'il ne faut pas attendre d'eux les mêmes caractéristiques que des branches, des troncs et des racines. Ces feuilles sont très volatiles, et flexibles, elles bougent dans le vent et elles font en sorte que dans le ciel, l'arbre gagne en terrain. (Ca décoiffe comme ils diraient à la fin du 20e siècle) Elles font un travail indispensable pour tout l'arbre: Un arbre sans feuilles est mort. Un arbre avec des feuilles rigides comme le tronc serait un arbre sclérosé, un arbre dont les feuilles ne s'étalent pas dans le ciel, mais où elles restent rigidement repliées sur elles-même serait un arbre bien malade. Les feuilles, c'est ce qui est le plus fragile dans l'arbre, ce qui se fait le plus souvent manger par les animaux; c'est ce que même un coup violent de vent ou de grêle peut arracher à l'arbre bien avant qu'elles n'aient fini leur année.
 Si les feuilles, toutes seules, avant la fin de l'année déjà quittent l'arbre, avant même d'avoir produit des branches et fait du bois, ne parlons même pas de fruits, la situation devient inquiétante: Ne les a-t-on pas assez bien ravitaillé en eau et en matières minérales par les racines le tronc et les branches? Pourquoi se laissent-elles tomber pour rejoindre le sol? Ont-elles espoir de pouvoir aller puiser par elle-même les minéraux et l'eau dans le sol que les racines, le tronc ou le branches leur refusaient? En fait, quel sera leur sort, d'ici la fin de la saison? Elles pourrissent sous l'arbre. Et quels sont les fruits qu'elles pourront porter en automne? Des champignons. Alors là, de toutes les qualités et de toutes les couleurs. Des hallucinogènes, des comestibles, et des vénéneux, mais aucun qui soit un beau fruit mûr capable de reproduire un arbre.

 P.S. Bien sûr qu'il y a aussi un temps pour les feuilles de tomber et de faire la place aux nouvelles feuilles, mais une fois seulement que les feuilles aient fait leur travail: Qu'elles aient fait du bois et porté du fruit. Du bois qui portera l'eau et les minéraux du sol, des racines jusqu'aux nouveaux bourgeons.
 Et par terre, à part de porter des champignons, ces feuilles deviendront humus, une matière tout aussi importante au sol que les minéraux et l'eau.
 Les feuilles ne tombent pas en opposition au bois qui les précède, et elles ne font pas tomber les branches pour les réduire (à de) la terre, mais elles cèdent tout naturellement la place aux feuilles d'une autre, nouvelle saison, une fois qu'elles ont fait leur temps. Les feuilles qui tombent en opposition aux branches  mènent une vie bien courte en décalage avec les saisons.

++++

02.08.2008

 Une autre idée, c'est que les feuilles peuvent se dire: C'est le tronc qui nous sépare de nos sources, c'est la tronc et les branches qui nous éloignent de nos racines. Coupons les branches et les troncs, et allons nous greffer directement sur les racines. Imaginez les feuilles greffés directement sur les racines, ça fera peut être des feuilles plus grosses, comme des feuilles de rhubarbes. Au premier froid d'hiver, il ne restera plus rien de cette plante que les racines. A la moindre grêle, toute cette plante sera détruite, elles sera facilement broutée par n'importe quels animaux... Elle ne prendra jamais de l'envergure qui dépasserait une génération de feuilles.

++++

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Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 15:17
 Cela fait penser à ce que St Paul aurait répondu à une telle revendication: Oui, ton corps t'appartient, mais toi tu appartiens au corps du Christ, et le Christ appartient à Dieu.
 Jésus aurait été plus subtile: Ah, ce corps dont tu ne peux pas rendre un cheveu noir blanc, ni un cheveu blanc noir, tu as réussi à te l'approprier?
 La famille d'un homme disposait depuis d'innombrables générations d'un jardin pour cultiver ses légumes...

 J'espère qu'on s'imagine la parabole qui suit. Le propriétaire en fait une monoculture, une vigne ou un champ de chanvre ou de pavots, une serre (qui la coupe des conditions naturelles), se fait construire une piscine de la taille du jardin, il le vend à des spéculateurs immobiliers... etc.

 Oui, mon corps m'appartient dans le sens où dans une certaine mesure, je suis responsable de ce que j'en fais, de la manière dont je m'y comporte... Mais le fait d'en être dépositaire (et dispositaire) responsable, ne le dispense ni de son ancrage dans l'humanité, dans la société actuelle, ni dans le fil des générations passées et futures. Le fait de pouvoir le bouger, pouvoir le faire profiter, pouvoir lui procurer du plaisir ne le dispense pas de ses lois naturelles... (Il y a la fameuse réplique de l'enfant gâté qui dit: "J'aime bien avoir mal au ventre", après que les parents lui aient dit: "Arrête de manger du chocolat, tu vas avoir mal au ventre...") ... ni de sa responsabilité envers tous les autres corps qui ont les mêmes droits, besoins et devoirs que lui.

 S'approprier son corps semble vouloir dire pour certains: Etre esclave de tous les désirs et caprices de son corps (onirique faudrait-il préciser, parce que la réduction des besoins du corps aux vrais besoins du corps serait le contraire d'un tel esclavage, et serait toujours au service et en appartenance au corps... sans être l'esclave de tout ce qu'on peut s'imaginer comme corps fantasmique...).

 P.S.: Avant de m'appartenir à moi, mon corps appartient à un monde biologique, un monde minéral, un monde végétal et un monde animal, à un monde culturel, historique et social, à un monde familial. Si je suis baptisé (ce n'est pas toujours de ma faute, mais je peux toujours assumer...), il appartient à un monde cultuel et spirituel. C'est dans ce sens que je paraphrasais St Paul.

 P.P.S.: On peut se demander si les contraceptions et l'avortement ne sont pas le comble de possessivité parentale. Est-ce que des parents peuvent être plus possessifs sur leur corps et les corps que peuvent porter leur corps, qu'en décidant sur la mort et la vie des corps de leurs enfants? Qu'ils décident sur les demi-corps que portent leur organes génitaux (encore qu'ils feraient mieux de ne pas s'en laisser posséder), soit, mais une fois que l'union est accomplie? Ou que veut dire une telle union, si elle refuse de porter son fruit? A la fois ils sont esclaves des forces qui poussent à donner son demi-corps, et à la fois ils jouent les maîtres possessifs des corps qui en résulteraient vivables et entiers.

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Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /Juin /2008 10:57

 Mange ce que tu veux.

 Si on donne aux enfants à manger juste ce qu'ils veulent, on finira par avoir des enfants malades, et une cuisine réduite à des chips, du cocacola, des bonbons, des pâtes, du chocolat et des gâteaux.

 Honorer ses parents n'est pas seulement un commandement "naturel", mais un commandement de la révélation, un commandement surnaturel, parce que c'est surnaturel, pour les hommes, que d'apprendre une relation juste à leur nature et à la nature. Peut-être que l'imposition surnaturelle de l'avis et des habitudes des parents (et à travers leur avis l'avis des générations antérieures) est d'autant plus importante que parmi les produits de prédilection des enfants, il n'y a pas beaucoup de nature, mais qu'il s'agit de produits largement dénaturés.

 Cela ne vaut pas seulement pour la nourriture, mais tout aussi bien pour la musique... pauvreté des "boum-boum", la réduction des richesses de nuance et d'harmonies etc. ou d'autres domaines.

 Je ne dis pas que tout est bon dans l'avis et dans les habitudes des parents. Mais dans ce qu'ils véhiculent de résistance culturelle et cultuelle à la paresse, aux sucres vites brûlés, aux goûts premiers et primaires pour ne pas dire primitifs, il est important de passer par leur aliénation.

 D'autant plus que les comportements primitifs de chasse et de cueillette sont de nouveau à l'ordre du jour dans nos cultures de supermarché et d'autres marchés compétitifs aux produits vernis, dénaturés et finis.

P.S. du 23.06.2008: La première lecture du jour (lundi année paire de la XII semaine du temps ordinaire: 2 Rois 17,5-8.13-15.18) Nous montre à merveille que c'est la loi qui a été révélé aux pères qu'il faut respecter. Mais qu'il ne faut pas faire comme nos pères, qui ne l'ont pas respectée. Les pères sont à la fois porteurs et premiers violeurs de la loi. Tout l'ambiguïté de la Tradition se tient dans cette lecture. C'est un vrai et grand paradoxe qu'on ne peut ni résoudre en traditionaliste: "Les pères ont fait bien comme ci, c'est la loi, et nous on doit faire pareil pour bien faire", ni en moderniste: "Les pères ont mal fait, leur loi ne vaut donc rien, nous on fera autre chose et ce sera la bonne." La vie se trouve dans cette Tradition, qui vient des mêmes pères qui la trahissent.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 12:57
 
  Quand l'Eglise est persécutée par des mouvements idéologiques et idolâtriques, de toute façon, il faut qu'elle se demande dans quel sens cette persécution est permise par Dieu pour qu'elle voit son propre côté idéologique dont elle peut être appelée à se purifier.

 Quand on découvre que la terre est ronde et que le soleil ne tourne pas autour de la terre, c'était une idéologie comme une autre, qui se vérifiait, et elle mettait en question l'arrêt idéologique de l'Eglise sur une autre image dans sa cosmologie. Ce qui ne veut pas dire qu'à la fin du compte, les théories évolutives et de big bang et compagnie valent beaucoup mieux, soient beaucoup moins imagées, imaginatives et imaginaires ou soient beaucoup moins idéologiques que les récits bibliques de la création.
 En même temps, dès qu'elle accepte de faire corriger son idéologie en fonction d'une autre idéologie, elle court le risque d'adopter cette dernière, alors qu'il s'agit de résister la vie donnée à tout ce qui mène à la mort. La vérité, le critère de vérité pour l'Eglise, c'est ça: la vie, la vraie vie, la vie en plénitude, la vie commune, universelle et atemporelle: éternelle. C'est pour cette vie qu'elle donne -à la suite de Jésus- sa vie, et qu'elle la reprend.
 Si elle voit tout le monde courir vers l'une ou l'autre idéologie qui a ses propres procédés, procédures, rites, cérémonies, contraintes, enseignements, idées, habitudes, elle peut essayer de leur courir après et s'adapter d'une certaine manière à l'idéologie en question, proposer des habitudes, idées, enseignements, contraintes, cérémonies, rites, procédures et procédés calqués sur cette idéologie, où essayer de s'y soumettre et de s'y intégrer.
  Ce qui peut revenir au même que de jeter de l'encens à des idoles étrangères. Ce qui ressemble drôlement à l'histoire des rois d'Israël et leur Ba'als. Au début de la chrétienté, c'était de l'apostasie. Le remède au culte des Ba'al, ce n'était pas de laisser des Ba'als s'introduire dans le temple, mais de montrer à quel point le vrai culte de Jahwé rendait superflu et ridicule les séductions cérémonies et promesses du culte des Ba'als.
 Le plus facile pour analyser un tel phénomène, c'est bien sûr durant le fascisme. Parce que nous avons tous une certaine distance par rapport à ce phénomène. Vis-à-vis des exigences de de Gaule pour l'épuration du haut clergé français, Jean XXIII (il n'était pas encore pape) a joué un rôle bénigne dans le contexte d'après guerre. Enfin, bénigne pour les uns, laxiste pour les autres. Je ne sais pas s'il a pris modèle sur le retour des lapsi.
 Le rapport au communisme est déjà plus compliqué, tellement cette idéologie séduit les chrétiens par la justice et l'égalité... alors que la charité chrétienne, la plus authentique, n'est pas une lutte de classes et ne prend jamais les grands moyens dictatoriaux... La répartition des moyens de productions est un problème jamais vraiment résolu dans la morale judéo-chrétienne. Cette faiblesse a permis le communisme. L'idée des années jubilatoires chez les juif, cet idéal d'un reconduit des spéculations et accumulations n'a jamais vraiment pris racine dans cette culture. L'interdiction des intérêts s'est heurtée à la reconnaissance du bien des poussées économiques dues aux emprunts.
 Quand il s'agit d'analyser notre implication dans l'idéologie du progrès et de la technique, cela demande apparemment encore plus de circonspection, de sensibilité, d'esprit de différenciation, de distinction... alors qu'elle ne court pas beaucoup moins la mort que le fascisme ou le communisme (qui ne s'en privaient pas d'ailleurs...). Cela me touche que des papes (avant Pie IX?) refusent l'accès au Vatican à l'électricité. Pie XI était d'un tout autre avis: Qu'on mette donc le Seigneur sur les ondes.
 Moi, cela me fait toujours penser à l'introduction de l'écrit et du livre (progrès et catastrophe pour la Tradition: progrès pour la fixation de la tradition écrite et perte de la tradition orale. En chant grégorien, c'est flagrant...). A la fois une grande libération, un grand soulagement, et une grande contrainte et fixation.

  N.B. Je crois que le grand b.a.b.a. d'un esprit chrétien est la capacité de distinguer et de différencier, et de ne pas toute jeter dans un même pot.
 L'autre jour, je parle à quelqu'un de l'importance des rogations, que ce serait bien de les relancer, et il me sort:
 "Oui, et l'inquisition, il faut la relancer aussi, non?"
-"Je n'arrive pas à voir le lien."
 Aucune capacité de différenciation.

  P.S.: C'est comme ceux qui s'imaginent qu'on ne peut pas restaurer le chant grégorien dans nos liturgies sans passer à des messes tridentines d'avant 1960. Que cela ait un impact exigent envers nos liturgies, soit. Que les cantiques passeront moins bien, ou qu'ils doivent relever un peu leur niveau pour tenir tête, que cela demande un retour à des liturgies plus recueillies et intériorisées, soit. Mais ce ne sera jamais un retour. Ce sera un avenir.

 P.P.S.: Dans la récupération, réparation, épuration ou remédiation à un (ou d'un) abus idéologique (porteur de mort), on risque toujours de prendre le revers comme nouvelle idéologie qui se moulera sur la même mort.
 Pourquoi les révolutionnaires n'ont pas pu laisser le roi être le bon citoyen auquel ils l'avaient dégradé? Il s'en serait sorti avec un honnête métier artisanal pour nourrir sa famille et payer une petite dote à ses filles. Ah non, il fallait s'imposer en nouveau dictateurs et décapiter le brave citoyen Louis. Juste à cause de ceux qui étaient restés nostalgiques et attaché à son statut et à l'ancien régime? Et qui auraient risqué de récupérer l'ancien roi dans son arrière-boutique d'horloger pour le reproclamer roi? Peut-être que le nouveau régime n'aurait pas fait regretter l'ancien, si vraiment il avait porté les fruits d'humanisme, d'égalité, de fraternité, de liberté et de justice qui lui manquaient tant sous le roi.
 Est-ce à ce moment que la France a pris un (mauvais) plie qui a continué à marquer les évênements de l'après-concile et de 68? Ou est-ce encore une trace de ce sang mérovingien plus voltevire qu'Israël dans ses histoires des rois?


Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 18:06
 Tel est un de ces paradoxes cruciaux:

 Vous faites toute pour penser large, pour penser collégial, pour penser mondial, pour penser transculturel, pour penser au delà du déluge que votre génération est en train de provoquer, et pour faire, agir, vous comporter en fonction.
 En Eglise, vous faites tout pour être vraiment catholique (universel), pour vous mettre dans la Tradition, pour vous laisser guider par la communion des saints, par le bien commun, vous vous essayez sincèrement dans le plus de respect possible des instructions et recommandations romaines qui se formulent pour tous, et voilà que tout ça vous singularise, vous individualise, qu'on va vous reprocher de vous particulariser, d'avoir des envies et des désirs spéciaux, de ne pas vouloir faire comme tout le monde.

 Juste parce que vous ne voulez pas vous borner à faire comme ce tout petit "tout le monde" réduit à une petite région et à une petite génération.

 On vous accuse de manquer de solidarité... et de savoir vivre, et de collaboration. De rester étranger. C'est ça peut-être l'étrangeté du serviteur souffrant? Le fait qu'il veut ne pas être étranger à personne, son universalité, son ouverture, sa familiarité avec le tout en tout?

  Jésus, n'a-t-il pas dit: "Si vous ne saluez que vos amis de votre génération, et de votre quartier, les pharisiens n'en font-ils pas autant?"

 Et si le salut qui voit plus large rend impossible et ridicules nos petites salutations entre nous?

 Tel est un de ces paradoxes qui vous tuent.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
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Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /Juin /2008 04:15
 Ich will Dir danken,
o Herr,
dass Du zulässt,
dass ich nie ein so wirklich grosser kanonischer Heiliger werde,
an dem sich Deine Priester den Bauch fett leiben.
...sondern stets so ein armer kleiner Sünder bleibe,
an dem sich ihr Bauch stösst,
wenn sie sich um sich wenden.

P.S. Zum Glück gibt es Priester, die sich an den Heiligen keinen dicken Bauch (oder keinen dicken Kopf) vollgegessen haben, und an denen stösst es sich nicht.


 Je te rends grâce,
Seigneur,
que tu me permettes
de ne jamais devenir un grand, vrai saint canonisé
dont tes prêtres se grossissent le ventre.

 Mais de toujours rester
un pauvre petit pécheur
qui gêne leur ventre
quand ils se (re)tournent.

(Prière après une nuit blanche)

P.S. Heureusement, il y en a qui ne s'en sont pas grossis le ventre (ou la tête), et on ne se gêne pas.

++++

 L'église se vide jusqu'à ce que le dernier bradeur soit parti.
 Il attendait un nouveau saint, un grand saint, dont il aurait pu continuer à brader le travail, mais il n'y en aura plus de ces grands saints à brader. Il n'y aura plus que des grands pécheurs repentants qui travailleront contre vos braderies. (07.07.2008)

++++
Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
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Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /Juil /2008 12:12

 01.01.2008

 La fourmilière:

 Finalement, j'ai le même comportement que mon curé. Mais je ne peux pas dire que les fourmis m'ont déçues. Je pouvais très bien m'y attendre et m'y préparer... J'assume que je ne les supporte plus, depuis qu'elles sont devenues de plus en plus nombreuses dans (les murs de) ma maison. Au début, il y en avait bien un peu autour du levier de la cuisine que je chassais vaillamment, en leur faisant savoir que ce n'était pas leur endroit, et en évitant de les nourrir en laissant traîner des restes: en gros, c'est elles qui m'obligeaient à faire la vaisselle qui traînait... Puis, elles ont fait leur apparition un peu partout, au grenier où elles ne me gênent pas, à la cave... au bureau, ça me gênait, dans les plantes d'appartement, ça me gênait, dans le lit je ne supportait vraiment plus. Alors, au bout de... 6, 7, 8? années, je prends des mesures drastiques et je les empoisonne. Il n'y a plus que le tout où rien qui me paraît viable.

 Enfin, je me souviens que j'avais propagé déjà du poison, tout au début que j'habitais là, mais ce n'était pas contre les fourmis, c'était pour les charançons etc. J'avais assez systématiquement traité toutes les pièces... ça a dû faire son effet pour les fourmis, et l'effet, peu à peu a dû s'estomper.

 Il est donc normal, que j'aurai dû entretenir ces empoisonnements par petites doses à certains endroits (stratégiques) bien ciblés. Quel travail! Je ne l'ai pas fait, voilà ma faute. 

 Si l'"esprit du concile" (qui n'est pas tout à fait identique à l'Esprit du concile avec grand E) a voulu éradiquer certaines pratiques traditionnelles, et y a réussi, il faut entretenir cette éradication dès qu'une de ces traditions germe sous quelque forme que ce soit, et il ne faut pas attendre qu'il en pousse une plante qui risque de porter des fruits.

 ++++

 C'est vrai que c'est une question d'adaptation à l'esprit du pays, mais là, c'est un esprit que je ne préfère pas adapter, pour ne pas finir dans une mulâtrie:

 Je me souviens de ce que j'avais projeté au cimetière vis a vis de ma maison:

 Sans trop demander de permission, j'avais planté des arbustes de récupération là où il y a 10 ou 20 ans il y avait une rangé de grands cyprès qu'on avait coupé parce qu'ils endommageaient le mur. Non pas que je voulais me cacher la vue sur le cimetière, mais je voulais verdoyer un peu cet espace plaqué de marbres et de gravillons désherbés.

 J'aurai dû faire une demande à la mairie pour qu'ils replantent des plante à cet endroit. Par principe de subsidiarité, je m'en était occupé moi-même. J'étais tombé d'accord avec le cantonnier, l'ennemi publique des mauvaises herbes, qu'il épargnerait ce bord du cimetière des son produit.

 Ca allait bien jusqu'au moment de la plainte d'une dame qui trouvait que ces buissons gênait le tombeau de son papa mort centenaire.

 Puis le cantonnier est venu et il a arraché toute la haie.

 J'ai écrit au maire, pour me plaindre de la procédure qui ne m'a pas conculté, et on m'a dit qu'il allait me répondre.

 Ca fait 7 ou 8 ans que j'attends cette réponse.

 S'il s'agissait de quelque chose d'important pour moi et si je ne me sentais pas seul concerné, j'aurai insisté... provoque peut-être pour être écouté (je crois que j'ai droit d'être à l'abri un peu du voisinage d'un cimetière, je crois qu'ils sont obligé de contourner les cimetières par des murs ou des haies pour ne pas qu'ils tombent brutalement dans les yeux du voisinage à longueur de journée (et de nuit...). Mais heureusement, la mort n'a pas l'air de me traumatiser, au contraire, ce voisinage a l'avantage de ma familiariser avec ce phénomène et ses sujets qui nous on précédés.

 Mais cette histoire est assez révélateur d'un esprit du pays pas très franc, assez méfiant, susceptible, et assez incapable de dialogue, de négociation et de concertation.

 J'attends le jour où la même chose m'arrivera pour les grandes toiles que j'ai déposées à l'Eglise du Bourg. Ca ne doit pas plaire à tout le monde. J'avais demandé la permission et au maire et au curé de les accrocher, et de me dire quand ça ne va pas.  J'ai dû les installer avant l'hiver, mais il n'y a pas un an.
 Là aussi, du jour au lendemain on pourra me dire: On ne comprend rien à cette peinture abstraite, il faut les décrocher. Elles n'ont rien perdu dans une église, elles nous empêchent de prier. Au lieu de négocier: Est-ce que tu ne pourrais pas préciser le dessin de ces scènes pour qu'on voit mieux de quoi il s'agit?

(Note sur ces travaux accrochés en dépôt à l'église de Le Bourg dans le Lot :

 Annonciation, Adoration des bergers, Adoration des mages et  Circoncision, quatre toiles d'après Zurbaran.

 Ces travaux d'après Zurbaran n'ont aucune ambition descriptive, figurative, réaliste. Souvent la peinture (religieuse, et particulièrement à l'époque) baroque montre ce qu'on ne peut pas voir comme si on y avait été. Ici, des mystères de la vie de Jésus, des événements que le peintre reconstruit dans son imaginaire pour les composer sur toile.

 Mon travail consistait à faire un transfert de mémoire subissant l'oubli: J'allais une fois par semaine de Lyon à Grenoble en stop, visitait ces quatre toiles au musée de Grenoble, et retournait travailler à l'atelier à Lyon d'après mémoire, gardant la composition et les dimensions des toiles, les personnages comme des nuages, les gestes comme des rêves que je n'arrive pas très bien à reconstruire.

 J'étais convaincu qu'on ne peut plus montrer la vie de Jésus comme si on y avait été. Que trop de précision tue le mystère. Qu'il fallait rendre un flou pour rendre compte du flou de ces événements. Qu'on peut tout juste donner des touches, des indications estompées, des indices des événements en question. Des silhouettes de mages, des ombres et des lumières des bergers, des prêtres au temple, de la Vierge des anges et de Jésus.

 Ces toiles ne sont pas des réponses toutes faites qui répondent à notre besoin de voir claire, mais elles se veulent une invitation à la prière de voir plus claire, de supporter de ne pas voir toujours très clair, de ne pas désespérer un jour de voir plus clair.

 Ces toiles demandent à Marie: Montre-nous ton fils, montre-nous l'attitude d'accueil qui lui est propice, aide-nous à le recevoir, à l'adorer, à nous donner à lui.
 Ces toiles demandent à Jésus: Fais-nous croire que tu es venu nous sauver, montre-nous comment te suivre...

 Ces toiles ne sont pas les réponses à la prière, mais elles veulent inciter à la prière. Elles ne nous capotent pas d'un "J'ai tout vu, j'ai tout compris." Elles ouvrent à la recherche de la présence du Seigneur dans l'immédiat de notre vie.)

 (L'église romane du Bourg, entre Gramat et Figeac, classée monument historique, est ouverte en générale du matin au soir.)


Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
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Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 16:30
J'aurai plutôt tendance à refuser une fonction dont il me manquerait la compétence ou la qualification.

 Mais dans l'Eglise, ce n'est pas pareil. Il faut accepter la fonction et compter sur les grâces d'état et l'Esprit Saint.
 Le pape Benoît XVI a été élu, alors qu'on disait qu'il lui manquait la bonté et la popularité pour une telle paternité, et voilà qu'il se dévoile bon père.
 Le Père Delmas, petit timide discret introverti, avec sa petite voie est destiné à devenir évêque d'Angers, et voilà que sa voix se raffermit, que sa stature prend du poids (alors qu'il reste maigre), qu'il devint "présent".

 On peut dire aussi que ceux qui ont déjà tous les dons de compétences et qualités requises, cela ne vaut vraiment pas la peine de les mettre à ces places, puisque cela devrait leur être donné.

  Il ne faut pas non plus que cela dégénère et qu'on dise l'évêque, c'est l'évêque, ou le curé, c'est le curé, s'il s'agissait d'un ivrogne ou d'un pédophile ou d'un mythomane ou d'un meurtrier qui continuent à ne pas se laisser fléchir ou relever par les grâces de leur état. Les indications de St Paul, pour le choix des candidats, sont assez précis à ce sujet malgré tout. Il ne faut pas leur donner les moyens ou la protection sous lesquelles ils peuvent exercer librement leur défauts incompatibles avec leur fonction, sous peine de devenir coupable de collaboration ou refus ou manque d'assistance.

+++

 Enfin, je ne peux pas dire que je n'ai rien appris sur le terrain pastorale, en acceptant de travailler dans la liturgie et sa musique, en acceptant de m'investir dans le catéchisme. Mais je ne doutais peut-être pas assez de mes compétences pour être accueillant aux dons de Dieu.
 En Liturgie j'ai tout appris, (pourtant à Trèves, avec son institut liturgique, on était bien placé pour ces études, ... le cours de notre professeur était ennuyeux et maigrichon) mais ce que j'apprenais dans les bouquins officiels n'allait malheureusement pas dans le sens de ce que je découvrais sur le terrain... en chant j'ai pas mal appris: déchiffrer des chants à une voix, chanter du grégorien tout seul, mais c'est pareil, le terrain m'a appris (ce) qu'il ne fallait pas apprendre... en catéchisme j'ai tout désappris, et j'ai appris une certaine présence, comme climatique du Christ en petit groupe...

 Ma situation dans la paroisse n'était plus saine du tout: Pour quelqu'un sans aucune mise en fonction et sans aucune reconnaissance on m'engageait pour trop d'activités. J'aurais dû le (faire) remarquer plus tôt. Si Mgrs Gaidon et Delmas avaient su s'y prendre quand je leur ai fait appel il y a dix ans, on n'en serait pas là. Si mon curé avait su s'y prendre non plus.

 Quand les gens me demandent: Mais qu'est-ce que tu vas faire maintenant?, leur question m'étonne, et je leur rappelle que j'ai un jardin, et un atelier de peinture qui peuvent m'occuper largement. Il y a toujours le chant grégorien, les temps de prière et l'écrit.

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 Dans ma famille de toute façon, on n'a jamais vraiment respecté le clergé. Ou on l'a toujours respecté à distance, en prenant la liberté de l'observer et de le critiquer. Il y a d'autres familles, ou la critique du prêche du curé est un des thèmes du repas dominicale. Puis il y a les familles où le curé est le curé qu'il faut respecter et soutenir quoi qu'il arrive...
  De mon curé, j'ai essayé de parler le moins possible, et de le critiquer le moins possible derrière son dos.
 Mais je ne comprends pas pourquoi notre clergé est aussi retissant à toute critique? Pourquoi il ne supporte pas la contradiction? Pourquoi il est fermé à toute correction fraternelle, ou plutôt toute correction filiale. Pourquoi il se croit à l'abri de toute critique laïque, et se retranche si facilement dans une susceptibilité exagérée?

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Il y avait un curé engagé dans les mouvements ruraux chrétiens, qui avait un différent au sujet de la collectivité laitière du pays avec mon arrière-grand père.  Dans le journal catholique du pays il écrit:
"Demain, on ira cueillir la rose" (jeu de mot avec notre nom de famille: von Roesgen).
A mon ancêtre de répondre:
"Ne va pas cueillir des roses, qui craint les épines."
("Morgen werden wir Röschen pflücken. - Wer die Rose will pflücken, darf den Dorn nicht scheuen.")

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 A une sortie d emesse, ce même arrière-grand père prend le vicaire au col romain, parce qu'il avait fait une allusion un peu trop bette à la malade qui restait au lit au lieu de venir à la messe. Il s'agissait de mon arrière-grand mère qui avait des gros problèmes de rhumatisme.

++++

03.07.2008

 Peut-être que le clergé est aussi allergique aux mises en questions, parce dans sa relation au peuple de Dieu, dans sa relation à la paroisse, il veut rester, ou il préfère rester, ou il a l'habitude de rester dans une relation amoureuse et adulante, les yeux dans les yeux (dans le face à face liturgique), qui se plaît d'être ensemble et ne pense pas plus loin à fonder une famille, à construire au royaume de Dieu, parce que pour ce faire il faudrait qu'ils s'ouvrent pour laisser Dieu intervenir dans leur relation, le Dieu d'un au-delà, d'un ailleurs, le Dieu étranger, le Dieu fascinant et terrifiant, le Dieu qui lève son Fils à l'orient. Pour bâtir le royaume de Dieu, il faut arrêter de se regarder dans les yeux en vivant d'amour et de d'eau fraîche, (aussi fraîches que soient ces liturgies), et mettre la main à la pâte et porter le regard projetant au-delà.

 Quand le nouvel évêque de Cahors a crié dans l'assemblée, le soir de son ordination: "Eglise de Cahors, je t'aime!", c'était d'un goût douteux. Dans leurs crises de ménage, son épouse doit lui dire: "Si tu m'aimes, je ne comprends pas que tu puisses continuer à te ronger les ongles sous les jupons de ta mère." C'est que son épouse ne le comble pas? On l'a eu dit, enfin des mauvaises langues ont insinué, que Cahors n'était qu'un tremplin pour sa carrière... (Je crois que ce n'est pas vrai, sinon c'est lui qui serait devenu évêque d'Angers, et non pas son vicaire générale...) Ou c'est lui qui n'arrive pas à satisfaire son épouse... alors là, c'est sûr, elle n'est pas commode... le peu que je connais d'elle... aieaieaie.

++++

24.07.2008.

 Savoir écouter doit aller de pair avec la responsabilité, c'est à dire la faculté de répondre.

 Un jour, une dame m'avait invité à Cahors, parce que l'évêque allait participer à leur groupe de prière assez traditionnel qui se rencontrait pour prier le chapelet (dans la tradition des cénales de Dom Gobbi)... je n'oublierai jamais le chant final:  L'Ave Maria de Fatima. Ce chant a le malheur (ou bonheur) d'être rédigé dans la même versification que l'Ave Maria de Lourdes, mais il a sa mélodie propre. Théoriquement, on peut le chanter sur la mélodie de l'Ave Maria de Lourdes (Les saints et les anges...). C'est ce que faisait notre tout jeune évêque. Alors que tous les autres chantaient la mélodie de Fatima. Du début jusqu'à la fin, les deux parties s'obstinaient à leur mélodie qu'ils menaient envers et à l'encontre de l'autre. Le résultat n'était pas toujours ce qu'il y a de plus harmonieux.

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Jeudi 3 juillet 2008 4 03 /07 /Juil /2008 07:30
(Suite à l'article mon corps m'appartient I)

 Si telle est l'attitude de cette génération dans ses corps ("Mon corps m'appartient, et en couple, notre vie de couple nous appartient, j'en dispose et nous en disposons librement et sans contrainte" ... tout cela pour -en générale- se soumettre à certaines lois impulsives de ces corps et en en excluant d'autres, gestationelles conséquentes) on peut se demander quel peut-être la transmission de leur foi de corps engendrant en corps engendré. La foi dont ils disent bien qu'ils ne l'imposent pas.

 Mais s'ils possèdent à tel point leur progéniture (celle qui va naître non moins que celle qu'ils excluent), et ne se laissent pas posséder de fond en comble, corps et âme par celui qui a donné et qui donne la vie, dans le cadre de ses pauvres lois naturelles, je me demande s'il ne sera pas difficile pour eux de transmettre un maître de vie et de mort alors à des enfants qui ont tout juste échappé à leur maîtrise ou qui en sont une concession voulue et possédée: Les enfants "désirés" ne sont pas moins sujet à leur possessivité que ceux qui ne sont pas nés parce qu'ils possédaient les moyens pour les éviter.

 Et je me demande, vu leur possessivité, à quel point ils seront ouverts, eux, à la foi forcément étrangère de leurs enfants. S'ils ne vont pas être affronté à des blocages irrésolubles, parce qu'ils n'ont pas assez fait place, dans leur manière de faire corps dans l'Eglise à ce qui transcendait leur liturgie: la Tradition. Le rejet de la Tradition (de Humanae vitae pour être très clair) va de paire avec le rejet du chant propre de l'Eglise et du refus total de sa langue maternelle.

 Un corps (même ecclésial et liturgique) possessif aura du mal avec la possessivité (même écclésiale et liturgique) des corps qu'il veut bien engendrer, s'il ne se laisse pas posséder par ce qu'il ne comprend pas de celui qu'il ne comprend pas, mais à qui il obéit et se soumet.

 Certaines libérations ont introduit des conflits entre générations dont l'Eglise se serait volontiers dispensé, et dont l'Eglise a toujours eu tendance -dans et par sa tradition- de se dispenser.

  Hors des périodes de persécution explicite, le jeûne, l'obéissance (qui voit peut-être un peu plus large, un peu plus loin que l'horizon tout juste de son village et du chef de son village), l'ascèse (en générale, qui peut s'étendre sur tous les moyens de déplacement, de subsistance etc.) , les veillées, la prière et la chasteté sont un véritable martyre (témoignage) vis à vis de persécutions environnantes  implicites. Ce genre de martyre ne doit jamais s'imposer, mais il ne s'interdit pas non plus. Il n'est jamais acquis (surtout celui de la chasteté, mais toujours fragile, défaillant parfois, et obligé de s'humilier, se confesser, se faire pardonner et accueillir la force non de soi-même mais du Dieu vivant qui est le maître et à l'origine de tout ce qui se passe dans notre corps...). Il y a malgré tout une différence entre ce chemin de pénitent et de celui qui cas-par-cas se tient humblement aux déliberations avec son confesseur, qu'il n'aura pas forcément choisi parmi les plus indulgents, et le chemin de celui qui y va de ses propres moyens et indulgences, comme si c'étaient des acquis de la modernité de notre société. Le chemin des pénitents (aussi peu chastes qu'ils ne soient en définitive) n'a pas l'arrogance prérogative ni l'autosuffisance (on ne fait du mal à personne) qu'ont pris les questions sexuelles dans notre société. A cette tentation de l'esprit du siècle peut succomber tout le monde, personne n'en est à m'abri, et nombreux sont ceux qui préfèreraient des papes qui en succomberaient.

 Après avoir persécuté son propre corps (en succombant au régime de ses fantasmes), s'imposé (peut être même avec une foi inimposable) aux corps de ses enfants (nés ou mort-nés), on ne va pas continuer à persécuter et imposer sa volonté au corps liturgique jusqu'à la 3e ou 5e génération quand-même.
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Samedi 5 juillet 2008 6 05 /07 /Juil /2008 05:44
Manges ce que tu veux II

 Si vos enfants ne mangent plus que des chips et des bonbons, et ne boivent plus que du Coca-Cola, vous n'allez pas leur demander, une fois qu'ils ont bien pris cette habitude, s'ils n'ont pas envie de manger des légumes, du fromage et leur viande. Cela ne vaut même pas la peine de leur demander s'ils ne veulent pas goûter au moins. Vous les obligez à goûter, et ils vous sortent un "beurgh". Ils faudra bien les forcer un peu pour qu'ils reprennent goût à une alimentation plus riche, mieux équilibré et plus saine... et le plus tôt possible sera le mieux possible.
 Pour varier et leur rendre plus attrayante d'autres nourritures, vous n'allez pas jouer le jeu de l'industrie de leur alimentation, qui change la couleur et les formes des bonbons, qui les attache à leurs personnages fétiches, qui en font des ninchas ou que sais-je, vous n'allez pas varier les chips du bacon, paprika au fromage, vous n'allez pas leur proposer les chips à pomme de terre reconstitués à l'exhausteur de goût, et leur faire boire du cola chocolaté ou vanillé... Vous n'allez pas rendre le rouge de leurs bonbons plus rouge, leurs sucettes plus collantes et plus sucrées, leur chewing-gum plus moelleux,
 La moindre des choses, si toute peine de changer leur alimentation est perdue, c'est de leur donner l'exemple, et de manger vos légumes, votre pain et votre viande devant eux, et de résister quand ils se plaignent que rien que l'odeur et la vue des cette alimentation les indispose.

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Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /Juil /2008 18:00
 Dans la traduction française de la profession de foi, la nuit pascale par exemple, (et on utilise la même formule pour la profession de foi des grands communiants solennels) on dit d'abord: "Je rejette." (première personne singulier) pour les renoncements au mal, puis "Nous croyons." (pluriel) pour les articles de foi, et ce contrairement à la version latine de référence, où c'est chaque fois Je renonce (Abrenuntio) et Je crois (Credo) (pareil en allemand...: Ich widersage. Ich glaube.).
 Les mamans qui lors d'une réunion de préparation de la profession de foi de leurs enfants lui posent la question du pourquoi et lui proposent de rééquilibrer cela, se font ramasser par mon curé: "On n'a qu'à se tenir aux rubriques." 
 Alors qu'il aurait pu se poser la question, et exploiter dans une homélie le fait que la liturgie, dans toutes les langues apparemment, pense bien l'individu responsable de ses fautes, même si en générale le monde fonctionne comme tout le monde, et noie son péché dans le péché et les habitudes de la masse. (Je n'ai rien vu, je ne savais pas, tout le monde faisait comme ci ou comme ça...: l'irresponsabilité collective...) (Malum commune?)
 Et que la version française met plus l'accent sur la collectivité écclésiale de la foi, que les autres langues liturgiques apparemment. On ne croit pas tout seul, on croit en Eglise. (Bonum commune!) Et ce contrairement au monde qui veut faire de la foi une affaires privée, subjective et individuelle. (Le diviseur est passé: Divida et impera...)
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Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /Juil /2008 07:22
 ...pourvu qu'il ressuscite.

10.07.2008

 En relisant mes notes (du communiquand (sic!)) depuis plus d'un an, je me rends compte que je me dois des précisions sur la notion du ridicule, car tantôt je traite nombre de nos chants vernaculaires et comportements liturgiques de ridicule sans retour, tantôt je prétends que le ridicule est un bon signe: que le sacré n'est pas loin, que c'est une des conditions, ou une des marques du sacré, qu'il faut risquer le ridicule, pour aller au sacré, et que celui qui en revient risque le ridicule.
 J'aime bien le bon mot que "Le ridicule ne tue pas."
 Je pense à Kierkegaard qui dit qu'aujourd'hui (enfin, il a près de 200 ans), on ne tuerai plus le Christ, mais on le ridiculiserait et on l'enfermerait dans un asile psychiatrique. Alors qu'il a eu droit aux deux: Il a été ridiculisé par les soldats romains (en latin), et il a été emprisonné, et au par-avant il a été traité de possédé (par ses coreligionnaires en araméen?). Je crois qu'on le tuerait toujours. Mais peut-être à petit feu avec des neuroleptiques.

(Et le même Kirekegaard qui dit que l'humour est l'anti-chambre du spirituel et du religieux...)

 Le ridicule qui a fait son chemin avec Jésus n'est pas le même ridicule que celui qui se ridiculise en se réclamant d'un tel chemin sans l'avoir ni commencé, ni vraiment envisagé. Celui qui sort tout juste de table de sa maison et qui vient chanter la bouche pleine au bord du chemin: "Jésus je veux te suivre où tu vas" n'est pas du même ridicule que celui qui vient de faire sa journée avec Jésus et chante le soir: "Reste avec nous, Seigneur, car le soir tombe..."

 Il y a un ridicule qui devient extrêmement sérieux quand on le creuse, et il y a un ridicule qui s'émiette quand on le creuse. Il y a un ridicule de prime abord, juste la couche épidermique d'un sérieux édifiant, et il y a le ridicule qui consiste dans le dégringolement d'un prétendu sérieux.

 Les cantiques swing des assemblées de jeunes, a priori du beau travail sérieux sur mesure qui leur colle à la peau s'en décolle d'un ridicule fâcheux. Autre chose sera(it) du ridicule sérieux de ce qui survivrait vraiment de ces cantiques, après avoir donné naissance à la rencontre avec Jésus.

 Quoi qu'il en soit, va-t-on me dire, ça vaut la peine de risquer le ridicule? Le problème, c'est que ceux qui engendrent le ridicule dans l'immédiat de leurs cantiques vite déplacés ne l'envisagent pratiquement jamais. Ils sont pris dans le sérieux qui s'y prend dans le réconfort de sa modernité. 

 Alors qu'affronter le ridicule du répertoire grégorien s'envisage d'emblée pour aller de sérieux en sérieux.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
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  • Jean von Roesgen
  • Le blog de Jean von Roesgen
  • Homme
  • 08/01/1963
  • peinture jardinage chant grégorien
  • J'ai fait théologie, puis les beaux arts comme études. Si je les avais fait dans l'autre sens, peut-être que j'aurai plus de crédit auprès de cette Eglise...
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