Mercredi 11 juin 2008
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Assez souvent une dame pratiquante de ma paroisse cite son mari, qui compare les gens qui vont à la messe à une espèce en voie de disparition: "Nous sommes les derniers dinosaures."
Cette même dame fait tout pour garder la liturgie et les chants de la messe comme ils sont: "J'aime bien me retrouver avec les chants que je connais. Ca fait plaisir." Tout au plus on
pourrait introduire un nouveau chant du catéchisme, à condition qu'il soit encore plus simplet que ce qu'on chante déjà: qu'il soit encore plus dinosaure...
A moi de me demander s'il faut vraiment attendre que le dernier dinosaure ait disparu pour renouveler et mettre à jour notre liturgie et les chants de la messe. Faut-il vraiment attendre la
mort du dernier dinosaure pour ne plus avoir à chanter des chants de dinosaures à la messe?
Pour moi un des grands problèmes de ces chants dinosaures et de cette liturgie dinosaure, c'est qu'il s'agit en grande partie pratiquement d'une génération spontanée, qui a perdu la filiation
humaine et divine de la Tradition. C'est une petite tradition des années 60 parmi d'autres (ma paroisse a été étonnement épargnée par les générations du renouveau), et comme telle, effectivement,
elle est vouée à disparaître, mis à part une ou deux idées théologiques peut-être, un ou deux chants peut-être, un ou deux vrais travaux liturgiques qui trouveront ou garderont leur place dans la
Tradition.
Mais tout le reste, c'est du dinosaure voué à disparaître, dont l'Eglise attend le jour d'être enfin libéré.
Car on ne vient pas à la messe pour se faire plaisir à chanter les chants bien de ce monde, mais on y va pour être transformé de fond en comble par le contacte avec la Tradition des siècles
et l'universalité de tout le monde christianisé. Ce n'est pas en français, ni dans le langage musicale de notre pays et de notre siècle (ou de notre décennie pour parler des langages musicaux
jetables) que pourra s'accomplir le mystère de cette sanctification: littéralement: de cette mise à part. On ne se met pas à part (on ne se sanctifie pas) avec tous les monstres et dinosaures qu'on
a introduit après le concile et malgré le concile dans nos liturgies.
La meilleur, c'est quand on me reproche que je ne fais que ce que j'aime en interprétant du chant grégorien. Que je me fais plaisir en chantant en latin...
Je ne doute pas un seul instant que ce chant est beaucoup plus aimable que les cantiques jetables, mais je constate que pour l'aimer vraiment, il vous demande beaucoup de travail. Il faut se
dépasser et se forcer à l'apprendre pour l'aimer vraiment. Le vrai plaisir, c'est un fruit de travail (personnel), et non pas le ramassage du dernier chant de publicité entendu à la radio.
Voilà: je reviens à l'idée de la conversion, du changement, du dépassement, de la transformation, de la sanctification, de la mise à part, de l'universalisation. Il n'y aura pas de BONUM
COMMUNE sans COMMUNIO SANCTORUM qui ne date pas des années 60.
P.S. On ne peut pas sacraliser les chants et les habitudes liturgiques de l'immédiat après concile et rester cantonné dans ces chants et cette liturgie. (En réalité, ces liturgies n'ont pas
grand chose à faire avec le concile, à part de lui attribuer les envies, les désirs et les libertés interdites avant le concile... En fait, le concil n'a pas fait que lever les interdits, il a
gardé toutes les recommandations positives, toute la Tradition positive... Faire croire qu'il a levé les interdits et interdit les obligations, voilà l'esprit bien perverti qui s'est tourné contre
ce concile.)