Mardi 10 juin 2008
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10.6.2008
On croit en générale que l'Eglise ne fait que brimer, interdire et commander.
Alors qu'elle a deux intentions fondamentales qui libèrent, permettent d'ouvrir, de s'ouvrir, de changer et de servir:
Le BONUM COMMUNE: Le bien de tous. L'Eglise ne perd pas de vue (et si des églises le perdent de vue, il faut le leur rappeler) le bien commun de tous. C'est à dire le bien de toute l'humanité
présente et future. Dans ce sens, il importe vraiment avec quoi nous gagnons notre pain, avec quoi nous nous divertissons, comment nous nous nourrissons, comment nous nous chauffons, comment nous
nous déplaçons, si c'est en collaborant un maximum aux structures qui briment, écrasent et commandent l'humanité, aux structures qui contribuent à la pollution, et qui briment, écrasent et
disposent donc des ressources naturelles (même les plus cycliques et renouvelables: eau, faune et flore) des générations futures, ou si c'est en nous entraidant à ne pas courir à la mode, mais à
résister et réduire notre collaboration à un minimum. Jésus n'était pas venu libérer toute l'humanité de son temps de ses misères, mais son ancrage imperturbable dans la vision globale salvatrice
de son Père lui a permis de faire pas mal de bien sur son passage. Il n'est pas plus le roi d'un royaume écologique (on a bien raison de se méfier de courants néopaganistes dans l'écologie, mais
cela ne doit pas nous empêcher d'avoir un souci consciencieux pour la création) ou d'une société sans classes (le marxisme a démodé, heureusement) qu'il n'a été le roi qui libérait des romains,
mais il a permis, en faisant ce que lui inspirait le Père, de convertir toute la gente romaine en moins de 400 ans.
Et la COMMUNIO SANCTORUM, la communion des saints qui concerne surtout l'humanité passée et l'humanité présente en accord avec celle qui est entrée dans cette union de Dieu. C'est elle qui nous
motive et nous encourage. Loin de nous commander, elle nous pousse à faire pareil: à donner notre vie pour la gagner, à nous soumettre à la loi de l'amour pour nous libérer des lois de la haine, du
mépris du dédain et de l'exploitation.
Moi, personnellement, je suis au plus loin de ces deux intentions, mais si je fréquente l'Eglise, c'est pour être converti sur ce chemin. Pour être mis en lien avec cette Tradition, pour être
nourri de cet enseignement, pour être libéré par cette Bonne Nouvelle.