Jeudi 5 juin 2008
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5.6.2008.
Malheureusement mon voisin nonagénaire est mort il y a quelques années, il aurait pu me renseigner quel curé a remplacé le glas qu'on sonne après l'angelus par l'envolée pascale de toutes les
(2) cloches. L'information est la même: Tout le monde sait qu'il y a eu un décès et qu'il y aura un enterrement. L'invitation à la prière est une autre: Je me sens plus poussé à une action de grâce
pour un passage de la mort à la résurrection qu'à une prière d'intercession pour le défunt. C'était peut-être le même curé qui a débloqué l'autel du mur, laissé le tabernacle dans le dos du
célébrant (encore que, la solution est bien meilleure qu'aux endroits où on a doublé les autels, bricolant une table devant l'ancien autel qui est devenu autel-tabernacle...), et cassé la chaire.
(Il a laissé les bancs de communion...) L'abbé Verdier qui chantait très faux?
L'autre jour -le lendemain d'une de nos disputes sur ces liturgies pour plaire au peuple- mon curé a pris une prière eucharistique que je n'avais plus entendue depuis très très longtemps...
au point que je me demande si elle n'a pas été retirée du marché. Très proche du peuple, très parlante.
Je crois que son problème est là: Incapable de traduire lui-même le message figé et figuré de l'Evangile et de la liturgie (oraisons, canons, chants propres, langue propre) dans ses homélies,
il fait tout pour porter ce propre canonisé par la Tradition au plus proche du peuple, du parler et du chanter du peuple, quitte à le changer: remplacer toute la langue liturgique par la langue
vernaculaire, remplacer tous les chants propres par des cantiques jetables (et dont il s'aperçoit trop tard du moment où il aurait fallu les jeter, pour rester "dans le coup"...), remplacer tout le
langage musical du chant grégorien par le langage musical des guingettes, et autres boîtes à musique, remplacer les oraisons par les oraisons nouvelles, (heureusement il ne touche pas à l'Ecriture
Sainte, ce dernier refuge protestant de la Tradition reste à l'abri), et en guise d'homélie il nous prêche des extraits des mêmes revues liturgiques qui lui ont fourni chants et oraisons nouvelles.
C'est à dire que l'endroit où il devrait nous être au plus proche, là où il devrait être à l'écoute de nous, de notre situation, et là où il devrait nous traduire ce qui reste incompréhensiblement
riche dans la Tradition, les oraisons qu'on croit vieillottes, les chants propres qu'on dit périmés et restaurés, la langue qu'on ne parle pas, le langage musical qui nous est étranger, il prend un
produit tout fait non moins loin de nous, et de nos préoccupations et de nos incompréhénsions que les mystères de la Tradition, et bien plus pauvre.
Au soir.
Après l'enterrement de cet après-midi (j'aime bien dire/écrire aprême...), je me suis renseigné: L'automatisation des cloches ne date pas du Père Verdier, mais de bien plus tard. Aux dires du
maire, on sonnait "depuis toujours" les deux cloches pour signaler les enterrements (mais peut-être en tintements beaucoup plus espacés). Enfin, le maire habite loin de l'église, et je ne crois pas
qu'on entende les cloches jusqu'à chez lui.