Mardi 3 juin 2008
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08:34
D'une part, Gandhi a parfaitement raison quand il fait dire à je ne sais plus quel accusateur qui voyait le diable dans ses ennemis: "Le seul ennemi que je connais, et que je peux combattre,
c'est le mal en moi."
D'autre part, cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas prier pour que le mal dans le monde ait moins de prise.
Les deux ne vont-ils pas de paire?
Parfois j'ai l'impression que nous sommes devenus incapables de prier pour le bon déroulement des saisons, des événements du monde, pour plus de justice et de paix, pour notre pain
quotidien.
Certaines prières universelles sont devenues des pures demandes au Seigneur de changer notre coeur, des seules demandes d'être délivré du mal dans nos coeurs. Comme si le Seigneur n'avait
pouvoir que sur notre coeur, comme si notre prière n'avait pouvoir que sur le coeur dont nous disposons personnellement.
Alors que l'endroit pour prier pour notre metanoïa (et surtout confesser que nous avons un maître plus grand que notre coeur), c'est la prière pénitentielle au début de la messe.
Encore que, l'un ne va pas sans l'autre. C'est ridicule de prier pour avoir notre pain quotidien, si nous ne prions pas pour avoir un coeur qui partage ce pain.
Les rogations avaient bien compris cela: Alors qu'on pourrait sortir faire superstitieusement des processions pour avoir du beau temps, les litanies prient surtout pour notre conversion.
Elles prient beaucoup pour être délivré des emprises du mal dans nos coeurs, dans nos vies...
D'où le constat d'une deuxième difficulté de notre temps: Nous ne croyons plus du tout qu'il pourrait y avoir des liens entre nos comportements personnels et des conséquences mondiales, alors
que nous sommes devant des faits plus parlant que jamais: Nos paresses et commodités de déplacement, de chauffage et de travail alimentaire sont en lien directe avec l'augmentation de la pollution,
des taux d'ozone, de CO2 etc. dans l'environnement.
Une autre raison pour faire rogations peut être tout simplement de prier Dieu de nous donner la force et le courage de supporter les aléas du temps et des temps présents sans nous révolter et
sans nous replier sur nous-même et sur notre malheur.
Un de mes oncles a ce bon mot très juste: Si le temps qu'il fait là ne va pas s'améliorer, peut-être c'est à nous de nous améliorer.