En relisant mes notes sur la liturgie, je tombe sur ces quelques paragraphes qui me semblent importants:
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Il ne faut plus être militant. Les chrétiens militants, c'est hors jeu. C'est ringard. S'engager pour une liturgie de profondeur et de tradition (là je ne pense pas à des habitudes latines, ni
vernaculaire, mais à une Tradition avec grand T, depuis la manière de Jésus de fêter, commémorer, annoncer, instaurer, cantiller et tout ce que cela a pu devenir porteur de sa vie après la
résurrection, ce que cela a pu générer dans la suite des temps de l'Eglise dans ce que cela a de mieux... une fois passée l'épreuve de la mort.), c'est vieux jeu.
Militer dans son propre corps pour plus de justesse et de justice, c'est out. L'ascèse, c'est pour ceux qui se font du mal. Se dorloter, se gaver, boire, manger et profiter de la vie, c'est se
faire du bien... et aux autres: Qu'ils mangent de la brioche.
Il ne faut pas s'imposer aux autres. Il ne faut pas s'imposer à son corps, il ne faut pas laisser l'Evangile s'imposer à notre corps.
A la fois on se dit chrétien, mais en même temps, il ne faut pas vouloir ressembler à Jésus, c'est trop dur ça... alors que Jésus ne veut que ça: nous ressembler, nous rassembler dans le Père. Il
ne veut que ça: se faire ressemblant en nous au Père.
C'est vrai, si l'Evangile est une prise de tête et une contrainte, il ne faut pas y militer. Mais si c'est une libération?
Il ne faut pas forcer les gens d'aller à la messe... mais si c'est une impasse étroite qui ouvre à des allées plus larges que nos carrefours? Si c'est passer par la mort d'ennui de tristesse
et d'angoisse avec Jésus pour passer avec lui à la vie?
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Je me demande si un des grands problèmes de la modernité, ce n'est pas la conception de l'articulation entre le naturel et le sur-naturel. Entre ce que nous gérons et ce qui nous échappe.
Entre ce que nos comprenons, et ce que nous ne comprenons pas. Entre ce que nous maîtrisons et ce qui nous maîtrise. Entre ce que nous conditionnons et ce qui nous conditionne. Entre ce que nous
voyons et ce qui nous voit. Entre ce que nous entendons, et ce qui nous entend.
D'où le grand problème pour comprendre et accepter les miracles.
D'où la tendance à vouloir gérer ce qui nous échappe comme des petits maîtres de la vie et de la mort, que ces soit dans la sexualité, lors du décès, lors des maladies etc...
Et l'incompréhension totale envers la chasteté, qui ne gère pas, ne manipule pas, mais qui accueille...
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Je suis de plus en plus convaincu qu'un des problèmes des vocations en Europe, c'est tout simplement la disparitions des familles nombreuses. Les familles nombreuses sont les meilleures
pépinières de vocations. Mais pour être nombreuses, il faut que ces familles fassent corps (organique) d'une manière qui n'est pas des plus modernes. Je me demande, si les familles nombreuses et
les vocations qui s'en suivent ne sont pas les fruits de la chasteté des époux, aussi paradoxe que cela puisse paraître. C'est à dire une collaboration intime aux plans de Dieu.
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Va de paire avec la modernité une certaine tendance à tout mécaniser... le corps, la médecine, la sexualité. Et finalement, on en arrive jusqu'à une pastorale mécanique. Et une liturgie mécanique,
comme on ne croit plus au surnaturel et son terrain, comme on ne travaille plus, pour l'accueillir, le recueillement. Mais on fait. On discute, on se dispute, on se réunionise, on s'associationise.
Et le pain et le vin deviennent corps et sang du Christ à force de le leur crier dessus dans une reverbation amplifiée dans les quatre coins de l'église.
La pastorale mécanique? Cela ne viendrait plus à l'idée de bien prier les offices du jour pour le bien de la paroisse, mais il faut aller à la rencontre des gens, il faut faire dans les
public-relations. On ne va pas jeûner ou se mortifier pour la paroisse, mais plutôt s'inviter à manger.
S'en suit plus d'un leurre.
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Au lieu de parler de mécanisation, on pourrait parler tout aussi bien d'instrumentation. Des instruments et des machines pour tout, et tout devient instrument et machine.
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Je me demande s'il n'y a pas un rapprochement à faire entre la castration symbolique (dont échappe plus d'un clerc, victime d'être resté le prolongement phallique (instrument tout puissant)
de sa mère), et ce qu'on appelle la sacralisation. Sacra(lisa)tion symbolique? En allemand je parlerai de symbolische Einschränkung (délimitation symbolique, ou enclôture symbolique). Et le
contraire, c'est quoi? La fantasmorgie diabolique? La désacralisation comme oeuvre d'ouverture diabolique: diabolische Schrankenlosigkeit, oder diabolische Entschränkung.
La sacralisation symbolique est fondatrice de culture et d'humanité. Le contraire effectue le contraire.
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Cette idée de symbole contraignant (c'est à dire une contrainte aliénante (à première vue) qui rend possible la communication par symboles) ou sacra(lisa)tion symbolique (une mise à part pour
être ouvert/disponible à tous), et l'idée de son contraire diabolie illimitée, sans frontière, effrénée... rapproche l'idée de diviseur (diabolie versus symbolie) de l'effréné... fantasme de
tout-puissance (qui ne communique plus mais qui se met à commander), et exagération des contraintes du symbole: Est-ce vrai que vous n'avez le droit de manger aucun fruit? Ainsi l'accusateur
(satan) n'est pas loin non plus... à vous dire: Les symboles, c'est contraignant. Le sacré, c'est ennuyeux.
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Une merveilleuse illustration d'instrument(alis)ation presbytérale, et la tendance à la toute-puissance, c'était le lapsus de notre curé, l'autre jour devant les enfants du catéchisme, quand
il expliquait le port de l'étole: "C'est l'étole que met le curé pour dire la messe. Elle lui donne le pouvoir de changer l'eau en vin."
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Bien sûr que le danger de toutes ces sacr(alis)ations symboliques c'est de (se) donner le moyen pour se cantonner autoréférenciellement entre pharisiens dans un cocon de reconnaissance
réciproque sans souci des soucis du monde.
Mais je suis convaincu et confiant que toute sacralité dans la Tradition de l'Eglise, toute sacralité qui a le vrai souci de cette Tradition et de cette Eglise rend impossible la fermeture
sur soi. La promesse de Jésus pour St Pierre vaut bien à cet endroit.
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Ce qui manque à l'église, depuis un certain nombre d'année, c'est un Churchil qui nous annonce, pour le combat dans, avec et contre ce monde, qu'il n'a rien d'autre à nous offrir, que du
sang, du travail, des larmes et de la sueur. (I have nothing to offer but blood toil tears and sweat.)
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