Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /Juin /2008 17:38
 Je méditais dans le jardin cet incident du concile (Vatican II), le 30.10.1962, où l'on coupe la parole au cardinal Ottaviani qui riposte contre d'éventuels changements de la messe, et qui s'enflamme dans son discours, dépasse les 10 minutes prévues, se fait couper le micro après 15 minutes, le voilà humilié, et le reste des pères applaudit.
 Il faut dire qu'il avait dépassé les 70 ans, qu'il ne voyait plus très bien (il ne lisait pas son intervention, mais il a dû faire une espèce d'homélie), il était sûrement un peu sourd (n'avait-il pas entendu la cloche qui sonnait les 10 minutes?), un peu têtu. Mais je me demande: S'il avait travaillé sa voix, comme Jésus avait travaillé sa voix, ou comme la parole de Dieu avait travaillé la voix de Jésus qui prêchait à une foule nombreuse, soit du haut d'une bute, soit à partir d'une barque, les rives faisant amphi... je me demande, s'il avait travaillé sa voix, est-ce que la coupure du micro l'aurait empêché de continuer à se faire entendre? Ou est-ce que son grand âge avait déjà abîmé sa voix?

 Les femmes italiennes qui viennent scander quelques années plus tard sous la fenêtre de Paul VI ("Pape Paul VI, rendez-nous notre messe"), ne sont-elles pas un bel écho à l'intervention du cardinal coupé dans son élan dépassant les dix minutes du protocole? (Je ne retrouve plus la source sur le net de cette anecdote pour vérifier la date et le propos... s'il y a quelqu'un qui peut m'aider à la trouver??? Hélas, je viens de la trouver sur un site pas très catho: link)

 Dans son journal, Julien Green rélate un autre écho vocal à l'intervention du vénérable cardinal. C'est un inconnu à la messe dominicale à Notre Dame de Paris, qui, exaspéré, entonne tout seul le crédo en latin au moment où l'assemblée et le prêtre se mettent à le réciter (ou chanter?) en français. J'aimerais filmer comment on le fait taire.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : liturgie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /Juin /2008 08:46
12.6.2008.

 L'autre jour, pour l'enterrement dans mon petit village, comme personne ne chante jamais grand chose, et comme d'habitude, je n'avais pas amené de feuilles avec les chants usuels des enterrements. Normalement, les quelques gens qui chantent prennent un des vieux paroliers, et ils suivent dans ce livre.

 Cette fois-ci, le curé n'est pas content:

 "Ou sont les feuilles pour les gens?"

 "Il y a les livres..."

 "Mais c'est des tout vieux livres..."

 "Tous les chants que vous avez choisis avec la famille y sont..."

 Pas de réponse... de l'étonnement. Il doit vraiment croire que ses choix de chants sont à jour, qu'ils sont ce qu'il y a de plus moderne et récent. (En entrée: Oh Seigneur je viens vers toi, ou Tu nous guideras, en communion: Trouver dans ma vie ta présence, pour l'absoute: Sur le seuil de sa maison, et en sortie: Toi Notre Dame.) (Pour acclamer l'évangile, j'entonne un alléluia forgé sur "Tuba mirum..." de l'ancien tractus des obsèques, s'il programme le "Trouver dans ma vie ta présence", alors que je lui ai fait savoir que sur cette musique, il y a une vidéo qui circule sur internet où il faut confirmer qu'on est majeur pour la visionner ... oui, je suis allé voir, c'est des gens qui s'embrassent et s'entrelacent.  Je lui ai dit que dans une église, on peut se permettre d'être plus précis de quelle présence ou de la présence de qui on parle ou chante.)

  J'ajoute: "... si c'est à moi de prévoir les feuilles à chaque enterrement, il faut me le dire..."

 "C'est quand-même plus pratique de les avoir tous sur une même feuille..."

 Là, effectivement, il a raison. C'est plus commode.

 Un à zéro pour la commodité.

 Il faudrait mettre un décibelmètre pour vérifier si l'assemblée chante plus quand il y a des feuilles que quand il a des livres.

 ( ... la partition est un peu spéciale: la ronde pointé faut trois temps, la noire vaut un temps, les deux noires regroupées par crochet surmonté d'un 2 valent trois temps en tout, et la noire et la ronde de la fin valent  6 temps en tout. Il faut battre la ronde pointée, il y  donc trois noires normales qui tombent sur un temps, ou deux noires crochetées par deux. J'aurai tout aussi bien pu écrire les rondes pointées en noires, et les noires sans crochets en triolets de croches, et les noires crochetés en croches normales... que ça a l'air compliqué...) (Pas besoin, de toute façon, de tomber dans un binaire/ternaire strictement mensuralisé... il faut chanter à la fois fluidement et -surtout au début et à la fin- retardamment...)
Par Jean von Roesgen - Publié dans : liturgie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /Juin /2008 12:55

 12.6.2008


 Je m'étais allongé sous l'arbre, et je voyais mes pieds bien chaussés avec des chaussures de marque. Je me souviens de l'été où je m'étais fait voler les sabots que j'avais laissé au bord d'une prairie pour me promener pied nu. Je n'en ai pas racheté d'autres, et j'ai passé cet été sans chaussures. Parce que je venais de déclarer que ce qui vaut la peine qu'on le vole vaut la peine d'être volé. (Was stehlenswert ist, ist wert, dass es gestohlen wird.)

 Cela me fait penser à l'obligation de traduire les coutumes monastiques d'un contexte culturel ou historique dans un autre, et les problèmes que ces traductions présentent:

 Je suis désolé, mais traduire les pieds nus des déchaussés dans notre temps n'en fait toujours pas de pieds habillés.

 Traduire l'interdiction de la viande dans notre temps n'en fait toujours pas d'en manger. Si le poisson est devenu plus cher que la viande, ce n'est toujours pas une raison pour ne plus cultiver ses légumes et entretenir son poulailler.

 Peut-être que la bassine de toilette des visitandines doit se traduire aujourd'hui en salle de bain, mais éviter les montures quand on peut marcher à pied ne se traduira toujours pas par conduire une voiture automobile.

 Traduire en son contraire n'est pas vraiment une traduction. Traduire, ce n'est pas trahir.

13.6.2008

 C'est sûrement plus facile de traduire les indulgences et les dérogations, les douceurs et les concessions que de traduire les restrictions et les interdictions.
 Si St Benoît accorde à ses moines du vin, il ferait pareil pour le café et le chocolat probablement. En même temps, les restrictions qu'il y apporte sont tout aussi transposables: Que le moine ne soit pas ivrogne (en générale, dans les monastères, la consommation de café se réduit au café du matin, et à midi il se prend uniquement s'il donne prétexte à une récréation, ou s'il faut le partager avec quelque hôte) et que les moines dans des pays où il n'y a pas de vin ne s'en plaignent pas (au sujet de cet argument qui sonne tellement macrobiotique, j'avais noté il y a des années de ça, quand le cardinal König de Vienne (où était-ce Meissner de Cologne?) prétendait que lui ne participait à l'exploitation de personne, si vraiment les bananes, son poivre et son café poussaient dans son petit jardin d'agrément...).
 Si les règles monastiques proscrivent la viande, cela n'a jamais été pour la remplacer systématiquement par du poisson, des oeufs et du fromage... Et, cela ne veut pas dire, qu'au cas où ceux-ci deviennent plus cher que la viande, qu'il faut les reconvertir en viande. Eviter la viande a aussi des raisons et une tradition toutes éthiques, hygiéniques, sociales, écologiques en soi aussi objectives qu'un pied nu se distingue d'un pied chaussé.


Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /Juin /2008 10:25

 Il y a une relation étroite entre ce qui est sacré (ce qui est coupé, ce qui est mis à part, ce qui se distingue du profane) et ce qui est porteur d'identité (ce qui n'est pas autre chose, ce qui se distingue de ce qu'il n'est pas).

 Brader le sacré dans nos liturgies, pour les rendre plus accessibles, plus transparentes, plus simples, risque de les priver de leur pouvoir très fort d'identification.

 L'homme a du mal à adhérer à quelque chose qui ne lui donne pas son identité. D'ailleurs il n'a pas de raison d'adhérer à quelque chose qui ne se distingue pas de ce qu'il est déjà de toute façon. A quoi bon adhérer à quelque chose à laquelle on adhère déjà, puisqu'il n'y a pas de différence avec le reste? Si la liturgie n'est pas un monde à part, mais si elle se réduit à l'accueil du monde en soi, si elle ne fait que s'adapter au monde en soi, on n'a pas besoin d'y adhérer, parce que du seul fait d'être dans le monde, on y est déjà.

 L'identité de la liturgie chrétienne, c'est le Christ, au point qu'à Antioche, pour la première fois, les adeptes de Jésus prirent le nom de chrétiens.

 Le seul moyen d'attirer le monde à la liturgie, à la pratique liturgique, c'est de lui faire rencontrer le Christ. Une liturgie où je ne rencontre pas le Christ ne me donne pas envie d'y retourner.

 Le Christ n'est pas seulement la communication actuelle de la parole de Dieu au monde actuel, ou l'accueil du monde actuel par sa parole et ses sacrements (qui restent toujours des mis à part, des retranchements, des étrangetés à ce monde) mais c'est le Christ tout entier qui couvre et récupère toutes les générations qui nous ont précédées et qui ont laissé des traces (précises et retranchées) témoignant de leur rencontre avec le Christ. Les dogmes, les rites, les chants liturgiques sont de telles traces.

 On n'attire pas les fidèles en leur fournissant ce qu'ils on déjà dans leur radio, leur télé, leurs journaux. On les attire par une parole vivante, par la parole vivante du Christ et par son corps et son sang dans le mystère de l'Eucharistie. Ce mystère n'a pas seulement besoin d'enveloppes de voile et de sacré, de silence, de recueillement, d'antiquité et d'étrangeté pour être pleinement vécu, ses enveloppes sont automatiquement données par toute les liturgies qui nous ont précédés. Le "hic et nunc" (ici et maintenant) de la liturgie ne se passe jamais du "et semper" (et depuis/pour toujours) qui couvre aussi bien ce qui nous précède que ce qui nous devance. Le tout autre dans ce grand commun d'un morceau de pain qui se sacrifie et se partage a du mal à se rencontrer si on le présente dans la réduction de la transparence et la convivialité d'un repas actuel entre copains.

 Je sais bien qu'il y a des théologies qui submergent le Christ dans le monde tout entier, et le monde tout entier dans le Christ, (avec tout mon respect pour l'idée d'une messe pour le monde théilardienne, je ne partage pas cette idée dans le sens d'une christologie tout aussi profonde que superficielle qui ne sait plus se démarquer de tout ce dont les précisions christologiques ont dû se démarquer par rapport aux gnoses et autres courants bizzaroîdes des premiers siècles...) et c'est vrai que le Christ récupérera tout ce qui aura été dans la volonté du Père, mais je crois -sinon cela ne vaut pas la peine de croire- en la distinction de ce qui, de ce monde, sera éternel et de ce qui sera moins que rien. Si le Crédo me fait croire en un jugement dernier, ce n'est pas pour croire en une instance qui à cet instant bénira tout tout bonnement. Il y aura des surprises, des putes et des républicains qui précéderont des pharisiens,  mais il y aura aussi des grincements de dents. Je sais bien que le bonheur éternel ne se construit en aucun cas sur la certitude qu'il y en a qui n'en profiteront pas: Il reste affligé de tout ce qui se perd, mais comme le bonheur se construit sur l'adhérence au Père dans le Christ, il faut prévoir tout bêtement le contraire de cette adhérence, accepter son sort malheureux et dramatique et essayer de s'en démarquer.

 (Cette affliction est d'ailleurs un des ressorts principaux de tout zèle apostolique et du malheur qu'il y aurait à ne pas proclamer la bonne nouvelle, comme le dit si bien St Paul...)

PS: Bien sûr qu'on peut aussi construire son identité sur le refus de tout ce qui nous a précédé, mais voilà une identité à court therme assez mortelle pour la vie continue et éternelle dans le Christ. Il n'est jamais venu abolir quelque loi divine et traditionnelle que ce soit, mais il est toujours là, il reste toujours là pour accomplir la loi et la Tradition. Pas un iota qu'il ne bougera. Que ce soit dans les prescriptions les plus légales, qui se résument dans l'amour de Dieu et du prochain (nos ancêtres sont aussi des prochains), que ce soit dans les habitudes liturgiques qui consistent à chanter tels psaumes à telle occasion, que ce soit dans le respect le plus absolu des lieux saints, comme le montre l'expulsion des marchands du temple...
 Construire son identité ecclésiale sur le refus de l'identité ecclésiale qui vient de nous précéder, voilà ce qui ruine l'identité du fil rouge de la robe sans couture du Christ qui couvre les siècles.

 C'est bien pour cette raison que je peux et dois respecter les chansonnettes religieuses des années soixante, et en retenir ce qu'elles peuvent véhiculer de vivant/vécu/vivifiant dans le Christ (peut-être pas grand chose du coup), mais je ne respecte pas leur attitude de refus vis-à-vis des chants qui les ont précédés.

 (Cet article part de la constatation d'Alain Cassagnau:  "les jeunes mènent tous une quête identitaire, dans les quartiers bourgeois comme dans les banlieues.")

PPS: Si l'idéntité chrétienne consiste tout juste à faire partie d'une grande soupe tiède, passive et nivellée mondiale, je ne vois pas très bien pourquoi se réunir dans des églises et se plaindre que de moins en moins de monde vient participer à ce genre de réunions. Mais si l'identité chrétienne consiste à s'opposer aux facilités, paresses, bêtises humaines déshumanisantes, et à se ralier à la vérité révélée à et cultivée par des générations de chrétiens, cette identité peut se réunir en église pour se concentrer sur ses mystères et se convertir de ce qui s'oppose à la libération évangélique de ce genre de péchés. Il ne s'agit pas de se croire mieux que le monde mais il s'agit de s'encourager et se réconforter dans la façon d'être du Christ: Infiniment ouvert au monde et indéfiniment bafoué par le monde. Infiniment lucide sur le monde et indéfiniment ignoré par le monde. Infiniment condescendant au monde, et infiniment dédaigné par un monde hautain. C'est dans ce sens que la liturgie prolonge le mystère de l'incarnation qui n'a pas été mondialisation ni panthéisation ni humanisation toute naturelle. Elle est appel à l'humanité à la suivre par voie surnaturelle: sacramentelle.

PPPS: Le paradoxe de l'identité chrétienne, est peut-être justement qu'elle n'est pas une identité à rupture (dans le temps, contrairement à celles qui font tout pour affirmer leur modernité) et à caste (dans l'espace ou dans la société), mais que c'est une identité qui traverse le temps (communia sanctorum) et l'espace (à portée) universel(le) (bonum commune), c'est l'identité qui s'oppose aux identités temporaires, sociales, nationales, ou les couvre, les relaitivise, les complète et les transcende.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : pastorale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /Juin /2008 14:18

 14.6.2008.

 Par moment, je me demande vraiment comment c'est possible d'avoir suivi 5 ans d'études théologiques catholiques, à Trèves en Allemagne dans les années 80, et d'en être sorti incapable de lire quoi que ce soit en latin (et encore, j'étais probablement un des plus doués dans la matière... Un jour le professeur Sauser me dit: "Quand je vous vois, je pense: Latin." "Wenn in Sie sehe, denke ich: Latein.")... La seule fois où j'avais besoin de cette langue, c'était dans un petit travail pratique que j'avais rédigé sur Notre Dame de Rocamadour, partant de je ne sais plus quelle inscription latine au sanctuaire. Et une autre fois dans un travail sur l'écclésiologie de Nicolaus von Kues (Cusanus). Pour le reste, tout se passait en allemand à Trêves, et en français à Lyon. Ca, par contre, ça m'a bien servi: d'avoir su lire des auteurs français à Trêves, et d'avoir su consulter les livres exégétiques allemands à Lyon.
 Je me demande pourquoi on forçait ceux qui n'avaient pas fait de latin du tout à faire leur "kleines Latinum"... juste pro forma?  En revanche, ceux-là étaient dispensés de l'hébreu. Moi j'ai eu droit et au grec et à l'hébreu.
 J'ai honte de ne pas avoir bien appris la langue de la théologie catholique lors de mes études. J'ai honte d'être obligé aujourd'hui à perfectionner mes connaissances par le biais du chant liturgique. C'est les hymnes qui sont le plus exigeants, mais c'est rassurant de découvrir que je commence à comprendre des couplets à force de les répéter. C'est merveilleux d'avoir soudainement cette lumière en chantant: de comprendre ce que je chante. C'est plaisant.

 Il faudrait tendre un procès aux facultés théologiques de Lyon et de Trêves de m'avoir délivré un diplôme sans m'avoir appris à lire et parler couramment la langue des disciplines enseignées.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : théologie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /Juin /2008 19:56
 Cela me fait penser au publicain et au pharisien.

 Prenons une exemple: Quelqu'un qui va à la messe les dimanches -et uniquement les dimanches- que ça peut s'arranger pour lui, quelqu'un qui fait chanter à la messe à ce moment là ou qui aide à distribuer la communion quand on le lui demande. Quelqu'un qui ne s'est pas confessé depuis son mariage.  Et il peut même arriver qu'on lui demande de faire du catéchisme, et qu'il le fasse. Je crois qu'on qualifierai celui-là ou celle-là aujourd'hui de chrétien pratiquant et rien ne l'empêchera d'aller communier quand il/elle participe à la messe.
 Quelqu'un par contre qui va à la messe juste pour Noël ou quand son enfant fait la profession de foi, et qui à ce moment là ne va pas communier, celui-là se fait remarquer comme non-pratiquant.
 En même temps, ce dernier respecte plus et mieux la pratique religieuse telle qu'elle se doit, il a plus conscience de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas que l'autre, et à la rigueur, il est plus pratiquant que l'autre. 

 Pourquoi est-ce que c'est toujours un péché grave de manquer volontairement à la messe dominicale? Ou de ne pas faire volontairement tout pour y aller? Et pourquoi devrais-je me confesser si je n'y suis pas allé, avant de communier une fois que j'y retourne?

 Parce que je ne peux pas aller communier et prétendre adhérer au corps du Christ, si je n'y adhère pas toutes les fois que c'est indiqué et obligé. Je ne peux pas adhérer ponctuellement un dimanche au Christ si les dimanches avant je lui ai refusé mon adhérence. L'adhérence demande, exige, se fonde sur une constance, sinon elle n'est pas vraie, et pour être ou devenir ou rester vraiment vraie, mieux vaut se confesser et confesser qu'on n'y arrive pas tout seul, et que nous avons besoin de sa grâce pour communier à sa grâce comme dit si bien une postcommunion.

 Autrefois on aurait peut-être parlé de péché mortel, même s'il fallait remplir les conditions pour un tel péché: il fallait que la matière soit grave, que ce soit fait consciemment et exprès. Ici, la matière n'est pas grave? Priver le Christ d'un de ses membres n'est pas grave? Si le Christ n'était pas mort et rescussité pour nous, ce serait mortel pour son corps de perdre un de ses membres... imaginez-vous, la perte de sang, et personne pour soigner. Mais même si ce n'est pas mortel pour le corps du Christ lui-même qui est immortel, c'est peut-être mortel pour notre vie comme membre du corps du Christ. Comment, détaché du corps du Christ voulons-nous participer à la vie de son corps? Un membre détaché du corps meurt, s'il n'est plus commandé par son cerveau et nourri de son sang. Si nous allons à la messe (tous) le(s) dimanche(s), c'est pour être nourri et instruit par le reste du corps. Je sais bien que parfois et trop souvent nos assemblées nourissent mal, les homélies sont de la petite soupe, la célébration de l'eucharistie en soi, la consécration, ne prend pas le sérieux, le recueillement, la révérence et le silence qui aide notre acte de foi en Sa présence, mais ce n'est pas une raison pour ne pas y aller, au contraire, c'est une raison pour y aller et secouer le curé et les équipes liturgiques pour contribuer à nous donner de la vraie nourriture, à nous faire sentir un vrai attachement dominical au corps du Christ.

 La confession annuelle et la pratique dominicale n'ont jamais été abolies. Parfois ceux qui ne communient pas sont mieux au courant de celà que ceux qui vont communier.

 PS: Bien sûr que c'est un attachement plus fort au Christ si on va à la messe une fois par an, au lieu de ne jamais y aller, et c'est encore plus attachant d'y aller une fois par mois...
 Et puis, c'est à qui de décider du rythme de cet attachement dominical?
 Ce qui est sûr, c'est que l'Eglise en a décidé assez tôt.
 Ce n'est peut-être pas aux membres de décider du rythme cardiaque du corps tout entier, mais au cerveau et au ceoeur d'en décider.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : pastorale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 15 juin 2008 7 15 /06 /Juin /2008 08:18
15.6.2008

 Mais quelles sont ces liturgies catholiques romaines (ou se prétendant telles) qui sont devenues allergiques, hermétiques et incompatibles au patrimoine des chants propres de cette même liturgie? Ne serait-ce pas un indice qu'il y a quelque chose qui cloche à ses liturgies? Serait-ce possible que ce n'est pas ce chant qui serait à mettre en question, mais cette liturgie?

 Est-ce qu'un fidèle catholique romain a le droit de demander une liturgie romaine catholique, ou est-ce qu'il doit se plier à la liturgie locale d'un pays particulier des années 70? La réponse à une telle demande ne peut pas tomber du ciel. La liturgie a pris des plis, et personne ne sera capable d'aujourd'hui à demain de pratiquer une liturgie conforme aux normes catholiques  romaines, tellement on en est loin. Il faut remédier aux habitudes à long terme, et à la base. Est-ce qu'un fidèle sensible à cette situation n'a pas le droit ou/et le devoir, si on lui demande des services d'animation liturgique et catéchiste, de contribuer à rendre une liturgie des années 70 plus romaine et plus catholique?

  De celui qui se fait engager dans de tels services liturgiques et catéchistes, on ne peut pas seulement attendre qu'il bonifie tout bêtement l'entêtement et la paralysie liturgique, catéchiste et pastorale d'un pays et de son curé.

  D'aucuns croiront que moi, en personne, je suis rentré dans une querelle toute personnelle avec la personne de mon curé, mais ce n'est pas le cas: Nous sommes tous les deux porteurs d'une querelle entre le missel romain et les missels et revues liturgiques jetables. Une querelle entre l'esprit liturgique de Rome, du concile (des conciles), de la Tradition, de l'Eglise universelle de tous les temps envers des esprits liturgiques néo-gallicans, des revues liturgiques, de l'"esprit" du concile.
 
 Pour formuler autrement le début de cet article: Est-ce qu'un fidèle catholique romain a le droit de s'attendre à une liturgie selon le missel romain, quand il va à la messe, ou est-ce qu'il doit systématiquement subir une liturgie tirée de bayard-press? Je ne nie pas que bayard-press fait un travail d'évangélisation, mais je ne supporte pas que mon curé ne jure plus que sur leurs propositions liturgiques, leurs propositions de chant, leurs astuces pastorales, leurs homélies et ne sait plus faire son travail de pasteur adapté au terrain et aux données du lectionnaire, du graduel et du missel romain.


++++


 Aujourd'hui (XIe dimanche du temps ordinaire année A), l'oraison nouvelle du jour terminait par une doxologie trinitaire. Je ne connais pas toutes les oraisons de la Tradition, mais je ne me souviens pas d'avoir entendu ça. Original. La postcommunion évoquait la gratuité dont il est question dans l'Evangile. Si on restaure l'antienne de communion des graduels de Laon et de St Yriex (Gaillac (Albi) présente une autre mélodie qui me semble moins intéressante): "Euntes, praedicate evangelium Regni. Gratis acceptistis, gratis date.", (où elle sert aux messes d'ordinations) comme j'ai fait pour ce jour (en remplacement de "Unam petivi..."), on n'a peut être pas besoin de dire dans une oraison ce qui peut se chanter dans une antienne de communion, où l'on a l'habitude d'avoir un rappel de l'Evangile. Je ne connais pas très bien toutes les postcommunions de la Tradition, mais ce serait intéressant de voir s'il y en a qui font appel à l'Evangile du jour.



Par Jean von Roesgen - Publié dans : liturgie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 08:04
 Au sujet de la mèche qui fume et qu'il ne faut pas éteindre (ça doit se trouver en Isaïe ... cité par Mathieu):

 Si on se borne à ne pas éteindre les mèches qui fument sans se soucier de les rallumer pour de bon, ça va finir par faire beaucoup de fumée sans feu.
 Et je ne sais pas si des mèches qui fument peuvent produire encore des mèches qui fument... ou même des mèches tout court. Je crois que les mèches qui fument sont des enfants de mèches allumées, mais je me demande si des mèches qui tout juste fument seront encore capable de donner des mèches tout court. A quoi bon une mèche qui fume? Autant vaut ne pas être mèche du tout. C'est bien d'être mèche fumante en souvenir d'une mèche qui était allumée... ou dans l'espoir de se rallumer... mais quel sera l'intérêt du souvenir d'une mèche qui fumait?
 Trop de mèches qui fument risquent carrément d'étouffer les quelques mèches qui sont restées incandescentes ou allumées.
 L'idéal bien sûr, c'est que les mèches allumées allument les mèches qui fument. Pour cela il ne suffit pas de ne pas éteindre celles qui fument, mais il faut leur montrer à quel point c'est mieux de brûler que de tout juste fumer. Il faut que les mèches qui brûlent enflamment celles qui fument. Cela ne va pas sans feu. Le feu est quelque chose d'ardent et de caustique, quelque chose de dur et d'envahissant, quelque chose de purifiant et de dévorant. Le feu consomme. Le feu sacrifie. Il ne suffit pas de donner envie aux mèches qui fument de brûler, et de leur faire comprendre, que fumer tout simplement ne suffit pas vraiment...  il faut les bousculer par celles qui sont allumées. Il faut que celles qui sont allumées dérangent. Il faut qu'elles fassent violence à celles qui se sont attiédies. 
 Une mèche allumée qui est gênée d'être allumée devant une mèche qui fume, voilà ce qui est mortel pour le passage du flambeau.

++++

 Notre curé, pour la fameuse profession de foi, ce phénomène particulièrement français s'il en reste un dans cette église, nous a parlé des vents contraires qui soufflent contre ces jeunes gens qui font acte de foi. Notons que les vents ouverts extérieurs sont les moins pernicieux. Ils sont là pour nous fortifier et nous enraciner plus profondément dans le Christ. Je crains surtout les vents intérieurs qui minent l'âme. Et si les vents contraires se sont glissés dans cette église? Dans ces chants? Dans ces oraisons nouvelles? Dans ces invitations aux jeunes d'aller rejoindre le prêtre derrière l'autel... Dans ces lectures mal acclamées, dans ces tenues vestimentaires liturgiques négligées... Dans ce chant qu'il a choisi soudainement comme offertoire alors que ça fait deux ans que je me bats pour qu'il prenne le temps à l'offertoire pour qu'on ait le temps d'entendre l'offertoire grégorien, que j'essaye de l'empêcher de faire sa course de sport de haute compétition pour se précipiter de la table des lectures à la table de l'autel sans laisser le temps de les articuler. Ce chant qu'il a tout juste pris et commandé deux jours avant la cérémonie pour empêcher l'offertoire grégorien avec sa traduction que je préparais depuis un mois avec les enfants.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : pastorale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 20:05

 Le cri du bébé déclenche un réflexe de lactation chez sa mère. Le bébé crie, et elle a une montée de lait.

 Je me demande si la faculté du chant d'émouvoir le coeur, d'élever le coeur, et parfois d'écoeurer ne se greffe pas sur un de ces parcours de réflexe chez l'homme (aussi bien que la femme sevrée: mais l'impulsion ira au coeur au lieu d'aller au sein tout proche, et dans certains cas, elle ouvre la bourse au lieu de donner du lait... )

 Si en plus il s'agit d'un chant dont on ne comprend pas trop les paroles, mais juste la charge émotionnelle... appellative, suppliante, plaintive, jubilatoire, comme l'exploite si bien le chant grégorien.

 On pourrait prendre cette constatation ou se rapprochement comme un argument contre le chant grégorien, mais je pense le contraire. Il sublime au mieux ces parcours de réflexe et s'en sert pour élever les coeurs vers le Seigneur.

 Bien sûr que toute possibilité de sublimation se parente de la possibilité de son contraire, et la réaction peut être aussi allergique qu'enthousiaste. Aussi virulement contre qu'aveuglement pour.

 N'empêche que le chant grégorien n'est pas un tour de (dé)m(og)agie, de chantage sentimental purement émotionnel, mais il suit des lois tout à fait contrôlables et retraçables, il peut s'étudier aussi bien dans ses paroles qui peuvent se comprendre, que dans son langage musical qui est codifié. Cette sublimation est domestiquée et culturelle.

 PS: En contrepartie de cette arsis (levée) du chant, il y a aussi sa thesis, le repos, le retrait, la berceuse que chante la mère à l'enfant rassasié.

 PPS: Je viens de recevoir l'avocat du diable qui me souffle: Et le petit rôt? Et le petit pet? Décidément, il y en a qui ne savent pas se retenir.

 PPPS du 29.06.2008.
Je me demande si la musique de fanfare qui vous donne la chair de poule ne passe pas par le même parcours évoqué en haut... une voix toujours, un souffle... d'où l'importance d'un instrument à souffle dans l'église: Orgue à tuyau.



Par Jean von Roesgen - Publié dans : chant
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 20:19

  En composition de chant, il y a trois manières de rendre les accents (toniques d'un texte en français):

 L'envol mélodique: une note plus aiguë (*). Cela correspond peut-être au mieux à la nature des accents (finaux en général) en français. L'accent mélodique.

 La longueur: une note plus longue que les autres. Comme il n'y a pratiquement pas de longues et de courtes (attention, je ne parle pas de muettes ici) dans la langue française, on a la possibilité de rendre les accents toniques par des accents de quantité (de taille ou de mesure).

 Les premiers temps: Pratiquement tous nos chants sont construits sur des rythmes réguliers de danse, de marche (militaire) ou de procession (dans le meilleur cas d'une utilisation liturgique), dont les premiers temps sont des temps forts. Ces temps forts peuvent servir à scander les accents dans un texte, l'accent tonique s'identifiant du coup avec cet accent métrique ou rythmique ("métrique" pourrait se dire aussi pour l'accent de quantité).
 Ce procédé a quelque chose d'assez peu naturel, d'assez peu organique, et pour y échapper, on peut introduire un rythme verbal (il faudrait dire phrasal) libre, un battement irrégulier à deux, trois, ou plus de temps... ou pas de battement du tout, l'absence de sentiment de premiers temps forts...) (c'est le fort du chant grégorien... si on ne lui réimpose pas un carcan de rythme régulier binaire et ternaire à rude battue...)

 (En réaction à cette troisième manière, ou d'une certaine manière en combinaison des deux dernières, on a encore la possibilité de l'accent syncopique, à contretemps plus long... et la possibilité de l'accent d'anticipation du premier temps, une espèce de syncope d'anticipation... Personnellement je trouve que ces effets brouillent les pistes, et portent atteinte à la "lisibilité" du chant, à son entendement, sa compréhensibilité, mais ils sont fréquents dans certains cantiques jazz des années 50/60 et dans pas mal de répertoire du renouveau... Ils on l'avantage de casser le carcan rigide des accents rythmiques (souvent l'abbé Marcel Godard s'en sert pour composer un chant plus proche du rythme libre du phrasé), mais, paradoxalement, cette liberté, en générale, ne fait qu'affirmer le carcan de la danse, parce qu'elle en est fortement tributaire. Un peu comme la musique atonale était tributaire et finalement "confortant" de la musique tonale.)

 (*Une cinquième possibilité pour accentuer une syllabe dans le chant, en lien avec la première, d'ordre mélodique, peut être d'ordre chromatique: coloration mélodique de la syllabe accentuée moyennant une note mélodiquement inattendue, mélodiquement extravagante: accent chromatique, si l'on veut... si on entre dans le détail du traitement mélodique, il faut signaler bien sûr aussi la possibilité de notes préparatoires (cadences ou sensibles (jeux de chromatisation avant l'accent) d'un accent mélodique...)

 L'art de mettre en musique un texte consiste à jongler et jouer surtout avec ces trois premiers moyens. (Il ne s'agit pas d'en faire une application bête et simpliste, l'art reste libre bien sûr, mais il ne s'agit pas non plus de faire systématiquement ou ignoremment le contraire de la grammaire de ce langage musical...) En examinant la manière dont certains cantiques arrivent, par ces trois moyens de composition, à rendre ou à ne pas rendre les accents toniques de leur texte, l'examen critique de l'application de ces trois manières à lui seul suffirait déjà à ne plus conserver un certain nombre de chants jetables par trop maladroits. (Une telle grille de lecture/d'analyse toute simple aurait l'avantage d'éviter les trop fameux (et trop pauvres) critères des "j'aime/j'aime pas..." et de ne pas avoir à jouer l'inquisiteur sur toutes les faiblesses doctrinales des textes de nos cantiques... ou à jouer &l'esthète poétique écoeuré par le niveau littéraire ... (ce qui ne veut pas dire qu'il ne faudrait pas faire ce travail...))

 
 Exemple? "LEEES mains ouvertes devant toi Seigneur, POOOOOUUUUUR t'offrir le monde": Premier temps (long en plus) sur deux syllabes manifestement pas accentuées en français. Pour comble, POUR prend un accent mélodique qui ne vient pas l'arranger. Même sort pour "EEEET disponibles comme une eau" à la fin du premier couplet: Tous les trois coups d'accentuation pour une syllabe qui ne porte pas d'accent que je sache en français... 

 "Ils cherchaient un ami" fait un emploi judicieux d'accent syncopique "Ils cherchaient un amI, quand Jésus est passÉ" sur le i d'ami et le é de passé. Ce n'est pas à mon goût, cela donne une espèce de secousse brésilienne à ce chant (de catéchisme?) ce qui le rend impropre à l'utilisation liturgique. Le début des couplets est vraiment faible. "JEsus connaissait..." fâcheux accent de premier temps sur la première syllabe de Jésus.

 (Il ne faut pas croire que les anciens cantiques échappent à ces faiblesses: "LE voici l'agneau si doux..." accent militaire sur LE, mais ces cantiques ont l'avantage de ne plus être à la une de nos liturgies... contrairement à "VOI(accent métrique)ci le corps et le sang de JÉ(accent mélodique)sus (*)..." J'apprécie bien dans ce chant de communion très à la mode le côté précieux que lui donne cette accentuation: VOIS-ci (il faut s'imaginer un nez pincé le dire au 18e siècle) et l'accentuation de JESus comme en latin: Bone Jesu ou Pie Jesu.)
 (* tiens, je me suis bien trompé: Il n'est pas question de Jésus dans ce chant, mais du Seigneur, car c'est : Voici le corps et le sang du SEI(accent mélodique plus fort que l'accent de premier temps long sur)gneur (qui tombe manifestement sur une espèce de thesis mélodique...) Ca va bien avec le même nez pincé du coup pour accentuer SEIGneur. Ce chant me fait toujours penser à une compétition de voitures de courses, avec des accélérations rapides, des creux de changements de vitesse, de la ligne droite, et ça reprend et dérape un peu dans le virage avant de continuer...)

 Pratiquement tous ces cantiques qui ne commencent pas sur une levée (les adaptations de textes français à des mélodies chorales allemandes ou anglicanes sont mortelles à cet égard) sont mal partis en français, où rarement, mais vraiment rarement la première syllabe d'une phrase porte un accent de temps fort.
 Mis à part tous ces trop fameux cantiques commençant par Peuple, qui accentuent le peuple avant de savoir du peuple de qui il s'agit, ou de savoir si c'est le peuple qui est le plus important, ou celui qui le rassemble... même là, la musique est responsable des accents qu'elle met... ce n'est pas toujours l'interprétation qui saura rattraper ce qui est mal écrit... d'autant moins que vous venez de dire aux enfants à la répétition de ne pas accentuer "Conduis nos pas vers LE (accent mélodique) Seigneur..." et que lors de la célébration, le célébrant LE braillera bien fort dans son micro d'autel. Normal: C'est lui qui a choisit ce chant.

 P.S.:
 Tu ES (Accent mélodique, de longueur et de premier temps fort) notre Dieu (accent tout juste de longueur), et nous sommes ton peuple, OU(premier temps)vre nous...
 Oui, c'est moi qui ai choisit ce cantique et on le chantera ce dimanche (12e temps ordinaire A), à moins que ma collaboratrice en trouve un meilleur. Je l'ai choisit parce que l'assemblée le connaît bien (parfois je n'ai plus le courage d'entendre la ritournelle: On ne connaît pas ce chant...), et qu'il exprime bien, de par son texte, au premier couplet, que nous sommes des moineaux dans les mains de Dieu.
 En même temps, le compositeur n'a rien fait pour enlever l'ambiguïté du texte qui peut faire entendre: "Tuez notre Dieu ... et assommez son peuple..."
 S'il avait cummulé tout ces accents de "ES" sur le "Dieu" qui suit, on aurait peut-être échappé à ces malentendus.
 Pour les couplets, le problème de la composition juste est bien sûr plus difficile, parce que de couplet en couplet, le texte soumis à la musique change. Ainsi par exemple l'accent (juste de premier temps, mais on le sent très fort) manifestement faux à la fin du couplet sur "le LEvain" (1r couplet) "viens BRIser" (2e) et "l'haBILler" (3e) se ratrappe et tombe bien pour le dernier couplet: "déMASque".

 Ce matin, les carmélites figaceoises avaient choisi, pour la fête de Conzague ce très bel hymne "Nul n'est disciple" avec la mélodie de Berthier. Je me suis heurté à l'accent mélodique manifeste (accent de longueur sous-latent, en tout cas il n'y pas de raccourcissement de la note qui viendrait atténuer son élan mélodique) sur: "qui DANS le frère...". Là aussi, ça tombe un peu moins mal au dernier couplet: "car TOUT apôtre..." Je me demande si ce n'est pas aussi une question de polyphonie. Que ces auteurs entendent tout un tissus harmonique, et nous, on n'en retient que la voix supérieure qui à elle toute seule décoiffe par endroits.
 Si on lit cet hymne en ré mineur, avec si bémol à la clé donc, il aurait suffit de chanter fa au lieu de ré et sol au lieu de do sur "dans le", on aurait gardé les mêmes accords d'accompagnement indiqués sur la partition que j'avais sous les yeux ce matin (si bémol majeur et do majeur). Et à la finale, ce serait plus juste de monter au ré par une quarte au lieu d'y descendre par une quinte. De toute façon, en français, les descentes finales à la tonique ou à la finale des modes posent problème. Autant les premiers mots d'une phrase sont rarement accentué, autant les finales le sont.

  L'autre jour, lundi 21.06.2008, le Père Louis Durand, après la messe à Rocamadour, nous proposait comme chant pour lancer l'adoration:
J'ai reçu le Dieu vivant (D29)

 Est-ce que c'est ce genre d'ancien chant vernaculaire dont il prétend qu'ils tiennent la route?

 On le trouve encore dans notre parolier, mais pour en trouver la partition,  vous pouvez toujours chercher... J'ai l'impression qu'il n'a plus été publié depuis les chants notés de 1959, et je ne crois pas que c'est juste une question de passation de droit d'auteurs.

 J'ai
(accent mélodique-après ça descendra bien, accent de premier temps -à moins qu'il faut décaler les barres de mesure, mais ce qu'on entend en générale à l'exécution de ce chant, c'est bien un premier temps fort sur "j'ai" et l'accent de longueur n'est pas écarté non plus... ni reçu ni Dieu n'a plus de poids de durée... C'est pour affirmer moi-je dès le début de ce cantique?)
reçu
(sur cette voyelle malgré tout accentuée en français, on se trouve au plus bas de la montagne russe que nous propose la mélodie de ce chant...)
le Dieu
(premier temps, mais pas de mise en relief, ni mélodique, ni de durée...)
vivant.
(Là, l'accent y est: anticipé sur le temps mi-fort de la demi-mesure, longueur et envol mélodique.)
Et
(premier temps fort, heureusement pas d'envol mélodique ni de durée... il ne manquerait plus que ça: de la pointer...)

... après ça va. Mais il faut avouer quand-même qu'il s'agit d'un mauvais départ.

... pour une adoration.

 Ce chant me donne envie de vomir, il imite presque les sonorités de rétention et de relâchement quand le ventre se tord... et d'ailleurs c'est un des effets des montagnes russes, non? Si c'est tout ce que la réception de la communion a pu inspirer à l'auteur de ce chant, c'est triste et scandaleux...
Par Jean von Roesgen - Publié dans : musique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 13:08
 La dernière fois que j'ai eu un écho de la vie pastorale au Luxembourg, je crois que c'était il y a un an. Un jeune vicaire qui me dit que l'"effet Bomi" (la pression des grand-parents qui poussent leurs petits-enfants à un minimum de catechèse et de pratique sacramentelle) avait fait son temps. J'ai senti, comme on dit en luxembourgeois, dat ët d'Schaïssebaach ageet. Que ça foutait le camp. Ce sont là des expressions qui ne me sont pas familières, ni au vicaire en question. Chez nous à la maison, ça ne se disait pas. Mais à la ferme où je passais mes étés d'adolescent, ça se disait.

 Au moment où le Pape Benoït XVI a libéralisé le rite de Pie V comme rite extraordinaire, j'ai lu (je ne sais plus où) que l'archévèque du Luxembourg declarait qu'au Luxembourg, on n'était pas concerné par cette question, le latin n'a jamais posé problème, qu'on a toujours continué à chanter du grégorien, bref: Le Luxembourg n'est pas seulement un paradis fiscal, mais c'est aussi un paradis liturgique.

 Dommage que Carlo Hommel nous a quitté. On aurait bien rigolé ensemble sur cette déclaration. ll en a connu des martyres de la réforme liturgique au Luxembourg.

 J'ai envie de faire une enquête sur la question liturgique à Tarchamps (le village porte bien son nom: champ tardif) et d'en tirer un documentaire, un livre ou que sais-je. En tout cas ça commencera par l'évocation de cette nef remplie d'hommes et de femmes qui scandent en choeur alternants le rosaise pendant qu'à l'autel tourné vers le Seigneur, leur curé célèbre en latin avec ses enfants de choeur... ce bâteau ivre qui transpire une ferveur d'après-guerre fascinante ...et pourtant on était à la fin des années 60 ou au début des annes 70. Et ça terminera par l'évocation actuelle de la situation pastorale de ce pays. J'ai un camerade de séminaire qui à un moment a été curé responsable de ce coin là. Le désert total du point de vue pastoral. Lors des réunions de famille à la maison de campagne (qu'avaient acheteé mes parents au nom de ma grand-mère maternelle pour avoir un pied à terre en cas de faillite), ma grand-mère paternelle ne loupait jamais mon grand-oncle prètre pour lui demander où s'en était avec l'histoire de ce prêtre des lieux qui refusait de célébrer autrement qu'en latin. On s'imagine difficilement le sort de ce prêtre dans ce paradis liturgique. A la casse?

++++

 Au Luxembourg, j'ai été catéchisé après le concile, et il fallait apprendre les prières les plus courantes dans les deux langues liturgiques officielles: l'allemand et le français. Comme de toute façon on apprenait à lire et écrire en allemand, ça allait pour l'allemand, même si on apprenait à écouter et à parler dans un dialecte allemand aussi loin de cette langue que l'occitan du latin ou du français. Mais pour le français, je me suis payé une ridiculisation devant toute la classe par le vicaire, tellement c'était plein de fautes dans le contrôle qui suivait l'apprentissage. Déjà je n'étais pas très doué en langues, mais vous voyez, au Luxembourg, moins vous êtes doué dans les langues, plus on vous oblige à vous dépasser, et à sortir des jupons de la langue maternelle.
 N'empêche que je crois que le vicaire aurait mieux fait de s'en tenir aux recommandations du concile, et nous apprendre ces prières en latin, tout aussi compréhensible pour nous gamins finalement que le français. Et de toute façon, l'évêque aurait mieux fait de maintenir le latin dans les cérémonies, au lieu de cette cacaphonie de messes mi-français, mi-allemand, mi-anglais (pour les fonctionnaires des institutions européennes, et les touristes en ville...), et le prêche en luxembourgeois, au lieu de faire cette ridicule guerre d'éradication aux prêtres qui restaient attachés au latin (j'en ai eu écho à l'église de la maison de campagne qu'avaient mes parents: la messe (qui en plus était restée tournée vers l'orient de l'autel... en fait, c'était le nord au lieu de l'orient, l'église ayant été reconstruite mal-orientée après les dégâts de l'offensive des Ardennes) était d'un exotisme déconcertant pour nous gamins... mais j'étais plus intrigué par le travail des enfants de choeur là-bas qu'attiré par ce travail dans notre paroisse de faubourg en ville...)
Je retiens malgré tout le prêche en luxembourgeois. Je suis convaincu qu'une des raisons du succès des missions de Pierre Bonhomme dans le Lot, c'était le prêche en occitan. Et une des raisons des pertes d'effectifs pastoraux après le concile, le passage du latin au français, la langue administrative du nord dont on ne se méfiait que trop au sud. Je ne dis pas que cela aurait été mieux de passer à l'occitan, mais je crois que le latin était moins connoté que le français. Et le prêche et bon nombre de cantiques aurait pu rester en occitan. C'est sûr que maintenant, c'est trop tard pour tout ça, et même bien avant, c'était déjà trop tard... Un des problèmes des diocèses (surtout ruraux) en France, c'est de toute façon le panachage et transfert des évêques à travers le pays. Je comprends mieux la clause dans le concordat luxembourgeois qui impose le choix d'un évêque de langue/culture luxembourgeoise.
 Par contre, au Luxembourg, en plus des messes allemandes, françaises, et trilingues, on a droit depuis quelques décennies à des messes luxembourgeoises avec leurs traductions lourdes et bizarres. Voilà que je me sens parfaitement étranger dans mon pays à la messe, ne sachant plus que répondre aux dialogues avec le prêtre, et que ces réponses me paraissent éphémères, ridicules, tirées par les cheveux et me font sentir le mal que peut faire une langue maternelle sous le manteau de l'Eglise universelle.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : liturgie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 13:55

 "Un tronc coupé de ses racines n'a pas grand chose à  transmettre à ses branches, ni les branches aux feuilles."
(Moi aussi, j'ai horreur des auteurs qui se citent eux-mêmes...)

 Gardons l'image de cet arbre.

 (La première affirmation dans les actes post-synodales de Mgr Turini, évêque du Lot, concerne l'enracinement de toute la vie de l'Eglise dans le Christ, je me suis permis l'autre jour de lui soumettre que l'enracinement dans le Christ, ce n'est pas une culture sur des coussins en plastique remplis de terreau post-conciliaire... C'est à la fin de ces mêmes actes qu'il nous invite à ne pas écraser les jeunes pousses de l'Eglise par trop d'exigences...)

 Je suis d'accord pour admettre que les feuilles dans les hauteurs de l'arbre ne sont pas au même régime que les racines et le tronc. Et qu'il ne faut pas attendre d'eux les mêmes caractéristiques que des branches, des troncs et des racines. Ces feuilles sont très volatiles, et flexibles, elles bougent dans le vent et elles font en sorte que dans le ciel, l'arbre gagne en terrain. (Ca décoiffe comme ils diraient à la fin du 20e siècle) Elles font un travail indispensable pour tout l'arbre: Un arbre sans feuilles est mort. Un arbre avec des feuilles rigides comme le tronc serait un arbre sclérosé, un arbre dont les feuilles ne s'étalent pas dans le ciel, mais où elles restent rigidement repliées sur elles-même serait un arbre bien malade. Les feuilles, c'est ce qui est le plus fragile dans l'arbre, ce qui se fait le plus souvent manger par les animaux; c'est ce que même un coup violent de vent ou de grêle peut arracher à l'arbre bien avant qu'elles n'aient fini leur année.
 Si les feuilles, toutes seules, avant la fin de l'année déjà quittent l'arbre, avant même d'avoir produit des branches et fait du bois, ne parlons même pas de fruits, la situation devient inquiétante: Ne les a-t-on pas assez bien ravitaillé en eau et en matières minérales par les racines le tronc et les branches? Pourquoi se laissent-elles tomber pour rejoindre le sol? Ont-elles espoir de pouvoir aller puiser par elle-même les minéraux et l'eau dans le sol que les racines, le tronc ou le branches leur refusaient? En fait, quel sera leur sort, d'ici la fin de la saison? Elles pourrissent sous l'arbre. Et quels sont les fruits qu'elles pourront porter en automne? Des champignons. Alors là, de toutes les qualités et de toutes les couleurs. Des hallucinogènes, des comestibles, et des vénéneux, mais aucun qui soit un beau fruit mûr capable de reproduire un arbre.

 P.S. Bien sûr qu'il y a aussi un temps pour les feuilles de tomber et de faire la place aux nouvelles feuilles, mais une fois seulement que les feuilles aient fait leur travail: Qu'elles aient fait du bois et porté du fruit. Du bois qui portera l'eau et les minéraux du sol, des racines jusqu'aux nouveaux bourgeons.
 Et par terre, à part de porter des champignons, ces feuilles deviendront humus, une matière tout aussi importante au sol que les minéraux et l'eau.
 Les feuilles ne tombent pas en opposition au bois qui les précède, et elles ne font pas tomber les branches pour les réduire (à de) la terre, mais elles cèdent tout naturellement la place aux feuilles d'une autre, nouvelle saison, une fois qu'elles ont fait leur temps. Les feuilles qui tombent en opposition aux branches  mènent une vie bien courte en décalage avec les saisons.

++++

02.08.2008

 Une autre idée, c'est que les feuilles peuvent se dire: C'est le tronc qui nous sépare de nos sources, c'est la tronc et les branches qui nous éloignent de nos racines. Coupons les branches et les troncs, et allons nous greffer directement sur les racines. Imaginez les feuilles greffés directement sur les racines, ça fera peut être des feuilles plus grosses, comme des feuilles de rhubarbes. Au premier froid d'hiver, il ne restera plus rien de cette plante que les racines. A la moindre grêle, toute cette plante sera détruite, elles sera facilement broutée par n'importe quels animaux... Elle ne prendra jamais de l'envergure qui dépasserait une génération de feuilles.

++++

Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 15:17
 Cela fait penser à ce que St Paul aurait répondu à une telle revendication: Oui, ton corps t'appartient, mais toi tu appartiens au corps du Christ, et le Christ appartient à Dieu.
 Jésus aurait été plus subtile: Ah, ce corps dont tu ne peux pas rendre un cheveu noir blanc, ni un cheveu blanc noir, tu as réussi à te l'approprier?
 La famille d'un homme disposait depuis d'innombrables générations d'un jardin pour cultiver ses légumes...

 J'espère qu'on s'imagine la parabole qui suit. Le propriétaire en fait une monoculture, une vigne ou un champ de chanvre ou de pavots, une serre (qui la coupe des conditions naturelles), se fait construire une piscine de la taille du jardin, il le vend à des spéculateurs immobiliers... etc.

 Oui, mon corps m'appartient dans le sens où dans une certaine mesure, je suis responsable de ce que j'en fais, de la manière dont je m'y comporte... Mais le fait d'en être dépositaire (et dispositaire) responsable, ne le dispense ni de son ancrage dans l'humanité, dans la société actuelle, ni dans le fil des générations passées et futures. Le fait de pouvoir le bouger, pouvoir le faire profiter, pouvoir lui procurer du plaisir ne le dispense pas de ses lois naturelles... (Il y a la fameuse réplique de l'enfant gâté qui dit: "J'aime bien avoir mal au ventre", après que les parents lui aient dit: "Arrête de manger du chocolat, tu vas avoir mal au ventre...") ... ni de sa responsabilité envers tous les autres corps qui ont les mêmes droits, besoins et devoirs que lui.

 S'approprier son corps semble vouloir dire pour certains: Etre esclave de tous les désirs et caprices de son corps (onirique faudrait-il préciser, parce que la réduction des besoins du corps aux vrais besoins du corps serait le contraire d'un tel esclavage, et serait toujours au service et en appartenance au corps... sans être l'esclave de tout ce qu'on peut s'imaginer comme corps fantasmique...).

 P.S.: Avant de m'appartenir à moi, mon corps appartient à un monde biologique, un monde minéral, un monde végétal et un monde animal, à un monde culturel, historique et social, à un monde familial. Si je suis baptisé (ce n'est pas toujours de ma faute, mais je peux toujours assumer...), il appartient à un monde cultuel et spirituel. C'est dans ce sens que je paraphrasais St Paul.

 P.P.S.: On peut se demander si les contraceptions et l'avortement ne sont pas le comble de possessivité parentale. Est-ce que des parents peuvent être plus possessifs sur leur corps et les corps que peuvent porter leur corps, qu'en décidant sur la mort et la vie des corps de leurs enfants? Qu'ils décident sur les demi-corps que portent leur organes génitaux (encore qu'ils feraient mieux de ne pas s'en laisser posséder), soit, mais une fois que l'union est accomplie? Ou que veut dire une telle union, si elle refuse de porter son fruit? A la fois ils sont esclaves des forces qui poussent à donner son demi-corps, et à la fois ils jouent les maîtres possessifs des corps qui en résulteraient vivables et entiers.

Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 06:32
 On an entendu des prélats français déplorer la libér(alis)ation de l'ancien rite: Cela porte atteinte à l'unité liturgique de l'Eglise, et on risque d'avoir des célébrations à la carte.

 Pour constater que l'unité post-conciliaire est loin de s'être faite (était-elle un objectif, après tout?), même à l'intérieur d'une (id)entité vernaculaire, il suffit d'aller à la (même) messe dominicale à deux endroits différents: autant de célébrations, autant de rites, autant de répertoires de chant. (Ce qui fait de l'unité en générale, c'est les propositions de refrains et de chants d'un petit missel carré jetable...)

 Dans ma paroisse, (bien avant le motu proprio de Benoît XVI) il y a même de l'à la carte qui mélange d'anciens rites avec le nouvel ordo (et je suis à peu près sûr qu'elle n'est pas la seule). Le prêtre qui déplie le corporal au début de la messe et non pendant l'offertoire, c'est préconciliaire. Le prêtre qui double le chant de l'antienne de communion qui vient d'être chantée en la (re)lisant à haute voix proclamée, c'est pré-conciliaire. Le prêtre qui présente le vin et le pain en même temps à l'offertoire, c'est du rite (dominicain par exemple) préconciliaire. Moi, je ne suis pas contre, mais il ne faut pas jouer la comédie inconsciente.

 PS: Et cette bizarrerie dans nos paroisses rurales, d'avoir dans presque tous les sanctuaires (choeurs) d'église deux autels, l'ancien collé au mur avec le tabernacle, et un nouveau, une table collée à l'assemblée, ce ne sont pas deux cartes, ça? (Au lieu d'avoir un seul autel au centre du sanctuaire qui permettrait de célébrer vers l'orient ou vers le peuple... et d'avoir posé le tabernacle dans un endroit (malgré tout le plus centrale et visible possible) de prière sur un des côtés...)


Par Jean von Roesgen - Publié dans : liturgie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 08:28
Le bébé du bain:

 Je ne sais plus où j'avais lu la réflexion judicieuse, que grâce à la revalorisation de la musique modale (du chant grégorien), Pie X avait mis la musique d'Eglise à l'abri des recherches et expérimentations tonales de l'avant-garde du début du XXe siècle (alors qu'il voulait surtout remédier aux musiques d'église à effet de théatre et d'opéra de son temps).
 Ancrer exclusivement la liturgie dans la musique contemporaine (qu'elle soit cérébrale, sentimentale, populaire ou élitaire d'ailleurs) porte -tôt ou tard- le risque de jeter le bébé avec l'eau du bain.
 La mode passe, et on risque de passer la foi et la pratique communautaire à la même trappe.
 Le fait que les meilleurs adaptations du répertoire liturgique à la musique des jeunes, à la musique contemporaine, à la musique populaire aient toujours un ou deux trains de retard n'arrange rien non plus. Mieux vaut marcher à pied avec le chant grégorien que d'avoir des trains de retard. Ceux qui sont dans les trains au moins, ne risquent pas de vous comparer à leur allure.
 Bien sûr qu'il peut y avoir aussi l'effet inverse, et que la vraie raison pour une génération limitée, de se regrouper le dimanche soit dû au fait que c'est le seul endroit où ils entendent encore le langage musical de leur jeunesse. A moins d'avoir des petits-enfants qui partagent cette nostalgie, cela fait des assemblées où les générations qui suivent sont exclues.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : musique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Profil

  • Jean von Roesgen
  • Le blog de Jean von Roesgen
  • Homme
  • 08/01/1963
  • peinture jardinage chant grégorien
  • J'ai fait théologie, puis les beaux arts comme études. Si je les avais fait dans l'autre sens, peut-être que j'aurai plus de crédit auprès de cette Eglise...
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés