Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 19:33

30.5.2008

 Je ne peux pas me défaire de l'impression, depuis que je me documente sur l'avant-, pendant- et après-concile (Vatican II), qu'aussi bien les intégristes, que les progressistes (pour prendre les deux ailes extrêmes, qui n'envolent pas le corps du Christ) veulent avoir le label de catholique de Rome sans remplir son cahier de charge.

 Cela ma rappelle à quel point la peinture abstraite qui voulait se libérer du chevalet figuratif restait tributaire de la toile, du cadre, de l'accrochage, et du chevalet de la peinture figurative.

 Luther n'a pas pu régler dans le corps de l'Eglise ce qu'il n'avait su régler dans son corps, et dans la pointe la plus corporelle de son corps. Il ne pouvait attendre que l'Eglise règle ce point à sa place, mais avec sa place dans l'Eglise. Il ne l'a pas règle à sa place, donc il a changé de place l'Eglise.

 Les réformateurs (des commissions liturgiques sous Mgr Bugnini), avant de se demander quel bien allait apporter la reforme liturgique, ou se promettre tout le bien qu'elle allait apporter au corps de l'Eglise, auraient pu/dû expérimenter sur eux même, sur leur propre corps tout le bien que cela leur apporte, non pas le bien de s'imposer aux autres, mais le bien d'être libéré et incarné dans le Christ.

 C'est inquiétant d'entendre dire de la part d'un traditionaliste, que la nouvelle liturgie ne sanctifie pas.

 Pour moi, "ecclesia supplet" est le mot d'ordre liturgique dont je me sers le plus ces derniers temps en allant à la messe.

Par Jean von Roesgen - Publié dans : théologie
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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /Mai /2008 20:38
 On n'a peut-être pas assez bien étudié les lois de l'inertie des grosses masses avant/pendant/après le concile (Vatican II): Tout d'abord, il fallait un investissement énorme d'énergie pour mettre en mouvement cette grosse machine immobile qu'était l'Eglise. Et une fois que la grosse machine était lancée, il fallait une énergie non pas moindre pour l'empecher de s'emballer au bord d'un goufre.
 L'inertie concerne autant la masse immobile que la masse en mouvement. Même pour changer la direction de son mouvement, cette inertie joue son rôle...

 Le chant grégorien, pour être le chant vivant de référence, le chant propre de l'Eglise (ou le devenir), il ne faut pas qu'il soit momifié ni dans son exécution, ni dans son répertoire. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas tenir compte du répertoire le plus ancien, et privilégier le répertoire le plus authentique, et qu'il faut faire fi des écoles d'interprétations depuis les origines.

 On raconte que quand Rodin modelait une sculpture en argile, on pouvait voir, dans l'évolution de ce travail toutes les étapes de la sculpture occidentale: On passait de l'égyptien au crétois, étrusque, puis au grec, au romain, peut être un peu d'art roman, de gothique, de renaissance, de romantique pour aboutir à son espèce de préexpressionisme.

 Travailler dans le canon d'une Tradition est peut-être de cet ordre là. Travailler dans le canon d'une Tradition ne veut pas dire ne pas être vivant, inventif et créatif.
 
Par Jean von Roesgen - Publié dans : théologie
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Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /Juin /2008 13:57

1.6.2008.

 La meilleure pépinière pour les vocations, c'est les familles nombreuses. Ce sont les enfants qui sont en trop. C'est logique. (Les ennemis du célibat, pourraient en tirer un argument: Comme il n'y a plus d'enfants en trop aujourd'hui dans nos sociétés dites développées, il faut que les prêtres se marient et se reproduisent...)
 La meilleure manière d'entretenir et de cultiver les vocations sacerdotales, mis à part la pratique chrétienne quotidienne de la famille, en prières et en actes de charité, c'est de donner des fonctions et du boulot liturgique concret et indispensable à ces gamins.

 Le premier problème des vocations, qu'à 68 ne déplaise, c'est les contrôles des naissances, quel que soit leur nature. 

 Je me demande si le phénomène des vocations dues au fait qu'il s'agit d'hommes qui ont subi de la part de leur mère (pieuse) d'avoir été pris pour son "prolongement phallique" n'est pas plus fréquent en famille à un, deux ou trois enfants qu'en famille nombreuse. J'ai souvent l'impression qu'en famille nombreuse, les transferts des parents aux enfants s'estompent, se diversifient, se contrecarrent ou s'équilibrent.

 Je me demande s'il y aurait eu mai 68 s'il n'y avait pas eu Vatican deux juste avant.

 Il y a malgré tout une différence entre quelqu'un qui fait de la peinture abstraite après avoir (et être) passé en revue (dans) toute la grammaire de la peinture, et celui qui commence par l'"abstraction". S'il commence par là, tôt ou tard, il se voit obligé de "régresser" dans les langages antérieurs, comme a fait Hélion.

 Je ne peux pas prendre au sérieux les revendications de 68 en dehors des exigences qui les précèdent. Je désavoue une "tradition Vatican II" qui désavouerait 1500 ans d'histoire et de tradition avant 1963. C'est vraiment deux choses, quand des grands théologiens parlent de réforme, et poussent à la reforme, ou quand des jeunes théologiens qui ne savent plus leur latin en rabâchent pour cacher leur misère, y compris en liturgie et se laissent pousser par la réforme.

 A un moment, nous n'avons plus su endurer la tension entre le péché et la rédemption dans notre propre corps, ni dans le corps de l'Eglise, ni dans le corps du monde. On a cru utile de gommer cette tension. On n'a plus supporté les tensions entre le monde de la foi et le monde séculier, entre la nature et la vie surnaturelle à laquelle nous appelle le baptême.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : liturgie
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Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /Juin /2008 18:24

 La fameuse "culture de la mort", tant dénoncée par Jean-Paul II (on pourrait aussi parler de la culture de l'instrumentation et de la manipulation, de la chosification, de la numér(ot)isation, bref il s'agira d'autant de formes d'idolâtrie, l'idole étant une chose figée, inanimée, morte... mais maniable): L'euthanasie, les avortements, les contraceptions, les manipulations génétiques, les travaux sur embryons, les guerres, la néo-colonisation avec ses moyens d'exécution saugrenues: famines et désertifications, sont pas les seuls pointes de cet iceberg qui fait froid dans le dos. Pratiquement tous nos moyens de transport et de chauffage, de productions alimentaires etc. tirent leur énergie d'un concentré de cadavres, des nappes noires pétrolières, alors que nous savons tous que ces réserves sont limitées, et que si nous continuons à les brûler, nous continuons à rendre l'air qui nous couvre irrespirable.
 C'est comme l'Espagne qui faisait faillite alors qu'elle se regorgeait de l'or de ses colonies, qu'elle dilapidie, tant qu'elle n'a pas compris qu'il faut garder cet or en coffrets comme contre-valeur des valeurs qui circulent et qui font marcher la vie économique.
 On n'a pas encore compris que l'or noir est la contre-valeur de l'air léger et respirable (c'est un va et vient, comme le flux de l'argent). Alourdi par les masses noires des nappes pétrolières, cet air ne s'échange plus pour promouvoir la vie. C'est la faillite: La mort d'un crash.

 Un autre indice de cette cuture de la mort, c'est que notre civilisation a une prédilection incompréhensible pour les dalles en béton et en goudron, dont elle couvre les terres les plus vivantes, les espaces les plus labourables, les sols les plus fertils. Comme des grosses dalles de tombeau.

 Sans parler des longues longues dalles de nos systèmes routiers, qui en plus donnent l'impression d'avoir besoin de sacrifices et de victimes (Opfer: Verkehrsopfer)...
Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
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Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 19:08

 Pendant une de ces discussions un peu houleuses sur le chant grégorien, le curé qui est contre me dit:
"Chanter ce chant là au concert, je suis d'accord, comme ça les gens peuvent choisir d'y aller ou ne pas y aller, mais l'imposer à la messe du dimanche..."
 Si on me proposait un concert avec le genre de chants qu'on me propose dans 99,9 % des paroisses françaises, je n'irai pas non plus à ce concert. Un concert avec "Que tes oeuvres sont belles", "Qu'il est formidable d'aimer", "Trouver dans ma vie ta présence", je n'irai pas, et on peut s'imaginer le publique: les mêmes têtes que ceux qui vont à la messe chez nous le dimanche.
 Ce qu'il y avait à démontrer: Que c'est donc les bons chants qu'on y chante?
 Ou ce qu'il fallait démontrer: Que ce sont des chants de messes tout juste bon pour ce genre de gens et cette tranche d'âge?
 Mais qui est premier? La messe ou la tranche des gens qui vont à la messe? Le Christ dans la Tradition de son Eglise ou les gens dans leur milieu culturel habituel? Si c'est juste pour prendre un bain de culture habituel, il n'y a pas de sacré, il n'y a pas besoin de se retrancher dans une Eglise, on peut se fêter dans la salle de concert. Si l'église est la salle de concert et de manifestation culturelle habituelle, je n'y vais plus.

 S'il y avait un concert avec du chant grégorien, je crois que je n'irai pas à ce concert, en tout cas, je ne vais plus organiser de tels concerts spirituels, parce que le lieu propre de ce chant n'est pas le concert. C'est un chant qui colle à la liturgie comme colle le rock à la boîte de musique, comme colle la musette au bal de musette, comme colle la guinguette à la guinguette etc. pp.
 Si la liturgie ne supporte plus son chant, cela ne met pas en question ce chant, mais cette liturgie. Si cette liturgie a préféré des chants de guinguette, des slows (Trouver dans ma vie ta présence), des valses (Vierge sainte, Dieu t'a choisi), des samba (Que tes oeuvres sont belles: enfin, comme c'est écrit, ce n'est pas une samba, mais grâce aux déformations par la foule, l'adaptation rythmique courante est très proche d'une espèce de brésilienne à 5 temps), cela révèle peut-être quelque chose de cette liturgie qu'on ferait mieux de reléguer au concert, comme ce curé a voulu proposer au chant grégorien.

 Et encore, là je m'en tiens aux musiques démodées de notre milieu rural. On peut faire la même argumentation avec d'autres mélodies folk et pop plus récentes, avec l'introduction à l'église de la techno et du rap etc.pp.

 Quand notre évêque nous invite à ne pas être trop exigeants avec nos jeunes, il a tort. L'Evangile est exigeant. Aller à la messe le dimanche n'est pas trop exigeant, mais il faut que ce soit une messe où on rencontre vraiment le Christ dans toute sa Tradition, et dans la gloire de toute la communion des saints, il ne faut pas qu'on y retombe dans le monde de la télé, du spectacle (et pour les jeunes, nos célébrations relèvent de mauvais spectacles avec des musiques démodées... alors qu'une fois qu'on les a obligé, oui forcé, oui aliéné dans un chant indémodable, parce que mort, dépassé et restauré, ils s'y retrouvent avec toutes les générations des saints)... il a tort: Pour entrer dans la sainteté, pour entrer dans le sacré, il faut se dépasser, il faut obéir, il faut se plier, il faut se faire violence, il faut avoir envie au moins de se purifier et de se détacher de ce monde. Cela ne sert à rien d'importer du profane dans le sacré pour les attirer. Le profane se démode, et on se retrouve tôt ou tard, et de plus en plus tôt, parce que la mode va de plus en plus vite, devant le même phénomène où se trouvent actuellement nos paroisses: un tranche d'âge retranché dans son répertoire démodé. L'exigeance est à double tranchant: nous ne pouvons pas être exigeants avec nos jeunes, tant que nous ne sommes pas exigeants avec nous-mêmes.

 C'est bien et beau de la part de l'Eglise de nous accueillir comme nous sommes. A cet effet, il y aurait tout genre de para-liturgies à organiser, au lieu de sacrifier l'assemblée dominicale qui se doit au plus universel, au plus catholique, et donc au plus traditionnel dans le bon sens du terme: puisant de ces trésors du neuf et de l'ancien.

Par Jean von Roesgen - Publié dans : chant
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Mardi 3 juin 2008 2 03 /06 /Juin /2008 08:34

 D'une part, Gandhi a parfaitement raison quand il fait dire à je ne sais plus quel accusateur qui voyait le diable dans ses ennemis: "Le seul ennemi que je connais, et que je peux combattre, c'est le mal en moi."

 D'autre part, cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas prier pour que le mal dans le monde ait moins de prise.

 Les deux ne vont-ils pas de paire?

 Parfois j'ai l'impression que nous sommes devenus incapables de prier pour le bon déroulement des saisons, des événements du monde, pour plus de justice et de paix, pour notre pain quotidien.

 Certaines prières universelles sont devenues des pures demandes au Seigneur de changer notre coeur, des seules demandes d'être délivré du mal dans nos coeurs. Comme si le Seigneur n'avait pouvoir que sur notre coeur, comme si notre prière n'avait pouvoir que sur le coeur dont nous disposons personnellement.

 Alors que l'endroit pour prier pour notre metanoïa (et surtout confesser que nous avons un maître plus grand que notre coeur), c'est la prière pénitentielle au début de la messe.

 Encore que, l'un ne va pas sans l'autre. C'est ridicule de prier pour avoir notre pain quotidien, si nous ne prions pas pour avoir un coeur qui partage ce pain.

 Les rogations avaient bien compris cela: Alors qu'on pourrait sortir faire superstitieusement des processions pour avoir du beau temps, les litanies prient surtout pour notre conversion. Elles prient beaucoup pour être délivré des emprises du mal dans nos coeurs, dans nos vies...
 D'où le constat d'une deuxième difficulté de notre temps: Nous ne croyons plus du tout qu'il pourrait y avoir des liens entre nos comportements personnels et des conséquences mondiales, alors que nous sommes devant des faits plus parlant que jamais: Nos paresses et commodités de déplacement, de chauffage et de travail alimentaire sont en lien directe avec l'augmentation de la pollution, des taux d'ozone, de CO2 etc. dans l'environnement.
 Une autre raison pour faire rogations peut être tout simplement de prier Dieu de nous donner la force et le courage de supporter les aléas du temps et des temps présents sans nous révolter et sans nous replier sur nous-même et sur notre malheur.

 Un de mes oncles a ce bon mot très juste: Si le temps qu'il fait là ne va pas s'améliorer, peut-être c'est à nous de nous améliorer.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : pastorale
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Jeudi 5 juin 2008 4 05 /06 /Juin /2008 08:41

 5.6.2008.

 Malheureusement mon voisin nonagénaire est mort il y a quelques années, il aurait pu me renseigner quel curé a remplacé le glas qu'on sonne après l'angelus par l'envolée pascale de toutes les (2) cloches. L'information est la même: Tout le monde sait qu'il y a eu un décès et qu'il y aura un enterrement. L'invitation à la prière est une autre: Je me sens plus poussé à une action de grâce pour un passage de la mort à la résurrection qu'à une prière d'intercession pour le défunt. C'était peut-être le même curé qui a débloqué l'autel du mur, laissé le tabernacle dans le dos du célébrant (encore que, la solution est bien meilleure qu'aux endroits où on a doublé les autels, bricolant une table devant l'ancien autel qui est devenu autel-tabernacle...), et cassé la chaire. (Il a laissé les bancs de communion...) L'abbé Verdier qui chantait très faux?

 L'autre jour -le lendemain d'une de nos disputes sur ces liturgies pour plaire au peuple- mon curé a pris une prière eucharistique que je n'avais plus entendue depuis très très longtemps... au point que je me demande si elle n'a pas été retirée du marché. Très proche du peuple, très parlante.

 Je crois que son problème est là: Incapable de traduire lui-même le message figé et figuré de l'Evangile et de la liturgie (oraisons, canons, chants propres, langue propre) dans ses homélies, il fait tout pour porter ce propre canonisé par la Tradition au plus proche du peuple, du parler et du chanter du peuple, quitte à le changer: remplacer toute la langue liturgique par la langue vernaculaire, remplacer tous les chants propres par des cantiques jetables (et dont il s'aperçoit trop tard du moment où il aurait fallu les jeter, pour rester "dans le coup"...), remplacer tout le langage musical du chant grégorien par le langage musical des guingettes, et autres boîtes à musique, remplacer les oraisons par les oraisons nouvelles, (heureusement il ne touche pas à l'Ecriture Sainte, ce dernier refuge protestant de la Tradition reste à l'abri), et en guise d'homélie il nous prêche des extraits des mêmes revues liturgiques qui lui ont fourni chants et oraisons nouvelles. C'est à dire que l'endroit où il devrait nous être au plus proche, là où il devrait être à l'écoute de nous, de notre situation, et là où il devrait nous traduire ce qui reste incompréhensiblement riche dans la Tradition, les oraisons qu'on croit vieillottes, les chants propres qu'on dit périmés et restaurés, la langue qu'on ne parle pas, le langage musical qui nous est étranger, il prend un produit tout fait non moins loin de nous, et de nos préoccupations et de nos incompréhénsions que les mystères de la Tradition, et bien plus pauvre.

 Au soir.

Après l'enterrement de cet après-midi (j'aime bien dire/écrire aprême...), je me suis renseigné: L'automatisation des cloches ne date pas du Père Verdier, mais de bien plus tard. Aux dires du maire, on sonnait "depuis toujours" les deux cloches pour signaler les enterrements (mais peut-être en tintements beaucoup plus espacés). Enfin, le maire habite loin de l'église, et je ne crois pas qu'on entende les cloches jusqu'à chez lui.


Par Jean von Roesgen - Publié dans : pastorale
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Jeudi 5 juin 2008 4 05 /06 /Juin /2008 18:06

 Pour mieux comprendre (l'articulation entre le profane et le sacré, (je dis dans un article précédent que cela ne sert à rien d'introduire du profane dans le sacré pour attirer des jeunes à la messe) l'articulation entre être dans le monde sans être du monde de l'Evangile de St Jean et de la Didachée (? ou la lettre du pasteur d'Hermas??? Non, ni l'un ni l'autre, je viens de vérifier via internet, c'est dans la Lettre à Diognète)), prenons les comparaisons du Seigneur:

 Le Royaume des Cieux est comme un levain qu'une femme mélange avec de l'eau et de la farine.
 Déjà, elle ne le mélange pas avec une pâte toute faite qui comporte déjà un autre levain, mais elle le mélange avec de la farine et de l'eau, une espèce de pâte vierge si l'on veut.
 Quand le levain se mêle à la pâte, il perd son retranchement (sacré), et se mélange avec ce qui lui est étranger, avec un monde qui n'est pas lui, un monde profane si on veut, mais en même temps, tout levain n'a été à un moment ou un autre qu'un mélange d'eau et de farine avant d'être pris en charge par la fermentation. Et toute pâte levée peut devenir levain pour un autre mélange d'eau et de farine.
 Quant au levain, s'il ne se renouvelle pas en se mélangeant à de l'eau et à de la farine, il devient acide, il aigrit et perd son pouvoir fermentant. (C'est à ce genre de levain entre autre que peut s'adresser l'invitation biblique de jeter le vieux levain, de nous purifier du vieux levain... de renouveler notre levain...)
 Une pâte qui a levée ne renie pas son levain, mais elle devient tout comme un gros levain en attendant d'être cuit ou de fermenter d'autres farines.
 Dans une pâte levée, on sent plus le levain que le mélange d'eau et de farine.
 Ce n'est pas en devenant un mélange d'eau et de farine que le levain ferait son travail, et apporterait sa fermentation à la pâte, ni en refusant de se mêler aux mélanges d'eau et de farine. Ce n'est pas au levain de devenir farine, c'est plutôt à la farine de devenir levain: C'est au levain de devenir pâte, tout comme pour la farine. Mais la pâte n'est pas étrangère au levain, comme était étranger le mélange de farine et d'eau au levain, avant l'opération. La pâte est de même nature (retranchable, sacrée) que le levain.
 Au risque de me répéter: le levain ne devient pas comme le mélange d'eau et de farine, mais le mélange d'eau et de farine devient comme le levain.
 Le but, ce n'est pas d'épuiser le levain dans la farine, mais le but c'est de faire pâte pour nourrir le monde en pain et fermenter d'autres farines.
 Il se peut que le levain confectionné à partir d'une espèce de farine bien précise tombe sur une farine d'une autre espèce. Ce n'est pas à la première farine d'imposer sa nature à la nouvelle farine, mais c'est l'ancienne farine qui communique sa fermentation à la nouvelle farine. C'est ça, l'inculturation, la nouvelle farine qui ne peut pas se passer de la farine primitive pour lever, et qui gardera toujours respectueusement et reconnaissant de la transmission de fermentation dans sa pâte des particules de la première farine.
 De farine en farine que le levain fait fermenter, il accueille les nouvelles farines dans son levain, mais il garde aussi trace de toutes les farines précédentes. Des farines de toute sortes viennent se compléter dans le levain, mais sans changer le pouvoir de fermentation du levain, sans altérer sa première qualité qui consiste à faire lever la pâte.
 Faut-il préciser que le levain ne peut pas faire de la pâte de pain avec un mélange d'eau et de sable fin. Qu'il lui faut un mélange d'eau et de la farine pure et non-fermentée. Il ne s'agit pas de le confronter à un autre levain qui a déjà fermenté la farine et l'eau en question, mais une telle pâte (préfermentée) devrait d'abord se purifier de son vieux levain avant de pouvoir être levé par le levain du Royaume de Dieu.

 Vous êtes le sel de la terre: Le sel donne goût à la soupe, mais pour autant, il ne faut pas qu'il perde sa saveur en salant la soupe. Le sel ne devient pas soupe, et la soupe ne devient pas sel. Mais elle ne reste pas fade pour autant, elle devient salée. Elle prend du goût. Le sel mangé pur n'a pas beaucoup de goût, il est carrément dégoûtant, il y a des gens qu'un mélange d'eau salée fait vomir. Mais le sel rehausse le goût de l'aliment salé.
 Trop de sel stérilise, le sel pur tue, il n'y a qu'à voir la mer morte, et l'absence de sel tue aussi, il ne faut pas boire de l'eau distillée...
Par Jean von Roesgen - Publié dans : pastorale
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Vendredi 6 juin 2008 5 06 /06 /Juin /2008 10:37

6.6.2008.

 "J'ai tout fait", qu'ils vous disent, ceux qui ont suivi leur catéchisme et passé les différentes étapes d'initiation chrétienne. Un peu comme s'ils avaient passé, pour décrocher un travail, des diplômes dans des matières dont ils ne se serviront plus jamais dans la vie.
 Ils ont tout fait, mais on ne leur a pas fait aimer le Christ dans son Eglise.
 Ils ont tout fait? Mais ils ne font plus rien.
 Ils n'ont pas tout fait, non, ils ne font pas forcément tout ce que leur demande l'Eglise: Prier le matin et le soir, éviter surtout et à tout prix les péchés graves, se confesser au moins une fois par an, aller à la messe le dimanche, se documenter sur l'enseignement de l'Eglise et l'écouter, se former dans sa foi...
 Ont-ils fait ce que demande le Sacré Coeur? Il demande à être vénéré dans nos maisons et il demande qu'on se confesse et qu'on communie 9 premiers vendredis du mois de suite.
 Et ce que nous demande la Vierge à Fatima: De prier tous les jours notre chapelet.

 Ils ont tout fait? Ils se sont surtout immunisé, on les a surtout immunisé à la vie pratique d'un chrétien.

 
 Si vous vous mettez à parler de ces exigences de l'Eglise (on parlait autrefois des commandements de l'Eglise), ou de ces invitations du Sacré Coeur ou de la Vierge de Fatima, votre curé ne sera pas le dernier à vous tomber dans le dos, alors qu'il vous assurera d'aimer la Vierge (y compris de Fatima) et Jésus-Christ (y compris son Sacré Coeur), et non moins l'Eglise.
 A mon avis, un évêque qui dit qu'il ne faut pas être trop exigeant avec les jeunes, qu'il ne faut pas les écraser par nos commandements, tombe dans le dos de l'Eglise, du Christ et de la Vierge.
 C'est les mêmes évêques et les mêmes curés qui tombent en émerveillement devant le courage des martyres qui ont donné leur vie en confessant le Christ. N'ont-ils pas compris qu'en dehors des temps de persécution, il ne faut parfois pas moins de courage et de zèle pour consacrer sa vie à celui qui l'a donné, à donner du temps de prière à celui qui est le maître de tous les temps, à vouer le dimanche matin à celui qui est ressuscité ce jour-là pour moi... Pourquoi empêcher nos jeunes de confesser le Christ dans son Eglise?


11.6.2008.

 Psychologiquement, c'est très maladroit, (entwicklingspsychologisch überaus ungeschickt), la manière dont nous immunisons, nous vaccinons les enfants au catéchisme. C'est ce que je viens de voir très clair dans ma tête après un tour de brasse dans le petit plan d'eau où je vais me baigner pratiquement tous les jours (d'été)... (Un des avantages d'une vocation râtée: Je peux me payer ce luxe... mais j'étais prêt à y renoncer quand j'envisageais Clervaux, et ce sans me plaindre.)
 Il vaudrait mieux, à la rigueur, leur proposer le catéchisme et la pratique religieuse comme une activité de privilégiés interdite et malvue par leurs parents, de manière à ce qu'ils doivent attendre d'être majeurs et indépendants pour enfin pouvoir pratiquer et s'intéresser à ces questions comme ils ont envie.
 Comme ça se passe actuellement, c'est l'effet contraire: Une fois adulte ils se sentiront libérés d'une pratique à laquelle ils étaient obligés par leurs parents, alors que ces parents ne pratiquaient pas non plus. La foi, a l'air d'être un truc auquel on oblige les enfants, et dont les adultes sont libérés.
 Il faudrait vraiment montrer à quel point c'est le contraire: Que nous pouvons enfin profiter d'être adulte pour nous libérer pour nous donner à Jésus dans son Eglise, ce dont nous ont empèché jusque là la froideur, la tièdeur et la paresse de nos parents.

 20.06.2008.

 Pour les raisons mentionnés en haut (l'immunisation catéchétique du "j'ai tout fait"), je crois, qu'il faut à tout prix que nous, en tant que catéchistes, apportions quelque chose aux enfants qui dépasse cette mentalité qui pense qu'on peut avoir tout fait et s'être immunisé de la pratique religieuse. Il faut que nous leur apportions un plus par rapport à ce dont les parents ont pu croire avoir fait le tour et s'en être acquitté. Quelque chose de plus authentique, plus beau, plus vrai, plus profond, mieux vécu de la foi, du monde liturgique, du monde de la charité. C'est la raison pour laquelle je donne vraiment de l'importance à ce que les chants que je répète avec eux sortent des chemins battus des chants dont on s'immunise au bout de les avoir chanté trois fois. J'essaye de les ouvrir à un répertoire de chant plus riche, plus profond, plus difficile peut-être, plus exigent dont on s'immunise seulement si on ne veut pas travailler et se contenter de ce qu'on chante dans les tubes de la rues.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : pastorale
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Samedi 7 juin 2008 6 07 /06 /Juin /2008 14:56

7.5.2008.

 Wenn dem jetztigen Papst der liebevolle (und durchaus berechtigte) Gewaltakt gelungen ist, den katholischen Ritus nach Pius V als kanonisch nie aufgehoben zu erklären, dann möchte ihm doch bitte der nicht minder berechtigte (oder liebloser) Gewaltakt gelingen, den Ritus nach Paul VI als unabgeschlossen und nach wie vor im Experimentierstadium befindlich zu erklären, und dementsprechende Aenderungen und Korrekturen in die Wege leiten, was die Altarwendung, und die sprachlaute und lautsprechende Kanonübetragungen angeht zum Beispiel...

 Si le pape Benoït XVI a réussi cet acte canonique de bravure qui consistait à (faire) déclarer le rite de Pie V comme jamais abrogé, -et c'était un acte d'amour tout à fait justifié...(Paul VI fait appel dans son imposition du nouvel ordo à l'imposition de Pie V qui lui-même n'abrogeait pas les rites de plus de 200 ans plus vieux que celui de Trente... donc, si on fait bien ses calculs...)- ... pourquoi ne lui réuissirait pas l'acte non moins braveux de déclarer le rite dit de Paul VI comme inachevé, mais comme toujours en stade d'expérimentation (les critères de liturgénétiquement organique et pastoralement fructifère demandent des examens à bien plus long terme que 5 ou 7 ans...), et en conséquence il pourait introduire des changements et des corrections, notamment en ce qui concerne la position de l'autel, du prêtre devant ou derrière l'autel, et la retransmission réverbérante du canon dit à haute voix...
 Mais si, en attendant, les célébrants et les équipes liturgiques et les fidèles s'appliquaient déjà à célébrer le rite de Paul VI celon les rubriques et dans le sens des documents du concile, beaucoup d'abérations seraient évitées.
 Notamment en ce qui concerne l'usage des langues vernaculaires, des cantiques jetables, du latin et du chant grégorien... le port de chasuble et d'amicte, l'usage de patène et voile de calice, le chant des dialogues, de la préface, des séquences de Pâques et de Pentecôte, l'utilisation de l'autel comme gros ambon... (consultez PGMR 2002)
Par Jean von Roesgen - Publié dans : liturgie
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Samedi 7 juin 2008 6 07 /06 /Juin /2008 20:15
 L'accord des murs.

 Il entrait dans l'église.
 Il la trouva totalement désaccordée.
 Il ne comprenait pas.
 Il entonnait l'offertoire de l'Annonciation, et les murs ne répondaient pas.
 Ils ne répondaient plus.
 Il insistait. Une vieille chaise dans un coin résonnait un tout petit peu, puis une partie du confessionnal qui entraînait le reste. Peu a peu, à la cinquième reprise, le chant commence à envoûter le bâtiment, l'église commence à répondre et s'accorde.
 Il entonnait d'autres antiennes, et l'accord se stabilisa...
Quel dur travail, que d'accorder une église.
 Pourvu qu'elle en garde ne serait-ce qu'un trace après les cantiques de la prochaine messe dominicale...


L'accord qui tousse.

Confronter une assemblée dominicale au chant grégorien n'est pas un moindre travail d'accordage... tout d'abord, ce chant fera tousser, comme s'il s'agissait de petits exorcismes, comme si ce chant libérait de bouchons dans les oreilles, de vieux crachats... puis peu à peu, de dimanche à dimanche, il y a un certain calme et une certaine écoute qui peut s'installer, une certaine réceptivité, alors qu'au début, il n'y avait que résistance: "Mais on ne comprend rien à ce que vous chantez..." (Alors, en réponse à ce reproche (parce qu'il faut être responsable de ses actes), vous faites suivre une traduction de ce que vous venez de chanter, et vous la cantillez sur le même mode...)

 Parfois, certains dimanches, à certaines fêtes, quand l'assemblée est totalement inhabituée, avec certains célébrants particulièrement réticents au chant propre de l'Eglise aussi, vous sentez la résistance d'une assemblée totalement désaccordée à ce genre de chant, et vous pouvez sentir que cette résistance joue des retours jusqu'à votre manière d'interpréter... c'est à ce moment qu'il m'arrive de penser que l'écoute de l'auditoire joue sur la qualité (surtout spirituelle) d'un chant religieux, que c'est toujours l'assemblée qui chante, même si elle ne fait qu'écouter.
 Parfois je déraille dans des chants que je maîtrisais assez bien tout seul (non, je n'ai presque plus de traque), je pars dans le décors (en générale je me rattrape et je termine in extremis par une belle cadence qui gomme, pour ceux qui ne connaissent pas la pièce, et qui n'ont pas trop d'oreille, tout ce que j'ai pu déraper...) et je n'ai pas d'autre explications: C'est l'écoute des autres qui est capable de retour sur celui qui chante. Retour bienveillant, réceptif, ou retour bloqué et malveillant. Si cette malveillance et ce blocage se mont(r)ent contre ma personne, peu importe, mais qu'elle prive l'assemblée du chant propre de l'Eglise, cela, c'est vraiment dommage...
Par Jean von Roesgen - Publié dans : chant
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Lundi 9 juin 2008 1 09 /06 /Juin /2008 14:42
 Ah, s'il y avait la guerre, s'il y avait peste et famine, vous verrez, ils retourneraient à la messe... si les gens étaient en péril, ils iraient à la messe.
 Ce n'est pas parce qu'ils seraient en péril qu'ils devraient aller à la messe... mais ils devraient y aller parce que, s'ils n'y vont pas, ils se mettent en péril: Quand ils privent leur âme de la communion à la parole du Christ, au corps du Christ et au peuple du Christ, ils mettent la vie de leur âme en péril.
Le danger est là: Privée de messe, de communion, de parole de Dieu, de prière commune, l'âme dépérit.
 Aller faire comprendre cela aux baptisés...
 Que s'ils ne s'humilient pas et ne se rendent pas dépendant du Christ dans son Eglise, ils courent le risque de perdre leur âme comme on disait autrefois, surtout s'ils sont baptisés, c'est-à dire s'ils se sont engagés à accueillir les grâces de l'Eglise et à construire leur vie là-dessus.
 S'ils ne vont pas à l'Eglise pour y contribuer avec leur pierre toute personnelle, ils auront beau critiquer l'Eglise, c'est toute l'Eglise qui manque de cette pierre et ce manque la met -aux yeux du monde, au péril du monde- dans une situation de plus en plus critique. (Même si l'Eglise en soi est parfaite, achevée, inébranlable, même si elle a une clé de voute, une pierre angulaires et un fondement à l'abri de tout manque, elle n'est à son comble que si toutes les pierres de l'humanité y ont trouvé la place qui leur était prédestinée...)
 C'est important, sûrement d'avoir de quoi manger, d'être en bonne santé, de bouger, de participer aux jeux à la mode du monde... mais si ces modes, ces jeux, ces participations, ces besoins prennent le dessus et aveuglent le regard au-delà, il faut savoir y renoncer.
  Un regard au-delà? Au-delà vers l'intérieur (vie contemplative, introspection, examen de conscience, prière individuelle, recueillement) d'ailleurs aussi bien au-delà dans le temps (vie éternelle, qui est en lien intime avec cette vie intérieure et celle qui s'en suit:) qu'au-delà dans l'espace: l'humanité toute entière est convoquée au banquet éternel, mais c'est aussi l'humanité toute entière qu'il faut contribuer à libérer de l'esclavage et de l'exploitation, que ce soit le Tiers Monde ou les générations à venir que nous hypothéquons avec notre train train de vie inconscient.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : pastorale
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Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /Juin /2008 15:53

10.6.2008

On croit en générale que l'Eglise ne fait que brimer, interdire et commander.

Alors qu'elle a deux intentions fondamentales qui libèrent, permettent d'ouvrir, de s'ouvrir, de changer et de servir:
 
Le BONUM COMMUNE: Le bien de tous. L'Eglise ne perd pas de vue (et si des églises le perdent de vue, il faut le leur rappeler) le bien commun de tous. C'est à dire le bien de toute l'humanité présente et future. Dans ce sens, il importe vraiment avec quoi nous gagnons notre pain, avec quoi nous nous divertissons, comment nous nous nourrissons, comment nous nous chauffons, comment nous nous déplaçons, si c'est en collaborant un maximum  aux structures qui briment, écrasent et commandent l'humanité, aux structures qui contribuent à la pollution, et qui briment, écrasent et disposent donc des ressources naturelles (même les plus cycliques et renouvelables: eau, faune et flore) des générations futures, ou si c'est en nous entraidant à ne pas courir à la mode, mais à résister et réduire notre collaboration à un minimum. Jésus n'était pas venu libérer toute l'humanité de son temps de ses misères, mais son ancrage imperturbable dans la vision globale salvatrice de son Père lui a permis de faire pas mal de bien sur son passage. Il n'est pas plus le roi d'un royaume écologique (on a bien raison de se méfier de courants néopaganistes dans l'écologie, mais cela ne doit pas nous empêcher d'avoir un souci consciencieux pour la création) ou d'une société sans classes (le marxisme a démodé, heureusement) qu'il n'a été le roi qui libérait des romains, mais il a permis, en faisant ce que lui inspirait le Père, de convertir toute la gente romaine en moins de 400 ans.

Et la COMMUNIO SANCTORUM, la communion des saints qui concerne surtout l'humanité passée et l'humanité présente en accord avec celle qui est entrée dans cette union de Dieu. C'est elle qui nous motive et nous encourage. Loin de nous commander, elle nous pousse à faire pareil: à donner notre vie pour la gagner, à nous soumettre à la loi de l'amour pour nous libérer des lois de la haine, du mépris du dédain et de l'exploitation.

Moi, personnellement, je suis au plus loin de ces deux intentions, mais si je fréquente l'Eglise, c'est pour être converti sur ce chemin. Pour être mis en lien avec cette Tradition, pour être nourri de cet enseignement, pour être libéré par cette Bonne Nouvelle.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : spiritualité
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Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /Juin /2008 14:05

11.6.2008

 Lieber Herrgott
Du sagst mir, ich soll den Arm ausreissen,
der mich zum Übel verführt,
denn es sei besser ich gelange einarmig in Dein Reich,
als zweiarmig in der Hölle zu landen,
doch ich habe nicht das Gefühl als sei es einer der beiden Arme,
die Du mir gegeben hast, damit ich in Deinem Weinberg arbeite,
die mich zum Bösen verführen.
Vielmehr sind es zwei weitere Arme,
die um mich greifen, die um sich greifen,
die gaffen, grabschen und geiffern
und nach immer mehr schreien,
die geliebt werden möchten,
die umarmen möchten und umarmt werden möchten,
die verlangen und verlangern nach Gib, Gib und Gib.
Es sind diese zwei zusätzliche Arme,
deren Herkunft ich nicht weiss,
die Deine zwei Arme, die Du mir gegeben hast,
am Arbeiten im Weinberg verhindern,
wenn sie um sich schlagen
und Löcher in den Wind ihren Gier und Verlangen schlagen.
Ich möchte Dich doch bitten, O Herr,
dass Du diese Arme vor meinem Gesicht wenden mögest
und sie hinter mich werfen mögest,
wo sie zu Flügeln werden,
die sich mit der Bitte zu Dir hochschwingen,
dass Du mich so nimmst, wie ich bin,
dass ich mich Dir so hingebe, wie ich bin,
so wie Du mich geschaffen hast,
damit Du mich zu dem vervollkommnest,
was Dein Wille an mir ist.
Dann kann ich mit Deinen Armen,
die Du mir gegeben hast,
In Deinem Weinberg arbeiten
und Deine Welt umarmen
Amen.

 Cette prière, juste pour dire que nous avons des désirs infinis qu'il vaut mieux tourner vers l'infini que d'essayer vainement de les étancher dans nos limites et dans nos finitudes. Par contre, qu'elles peuvent nous aider à accepter nos limites et finitudes et d'en tirer le maximum. Devenir infiniment fini.
Par Jean von Roesgen - Publié dans : prière
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Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /Juin /2008 14:28
 Assez souvent une dame pratiquante de ma paroisse cite son mari, qui compare les gens qui vont à la messe à une espèce en voie de disparition: "Nous sommes les derniers dinosaures."
 Cette même dame fait tout pour garder la liturgie et les chants de la messe comme ils sont: "J'aime bien me retrouver avec les chants que je connais. Ca fait plaisir." Tout au plus on pourrait introduire un nouveau chant du catéchisme, à condition qu'il soit encore plus simplet que ce qu'on chante déjà: qu'il soit encore plus dinosaure... 
 A moi de me demander s'il faut vraiment attendre que le dernier dinosaure ait disparu pour renouveler et mettre à jour notre liturgie et les chants de la messe. Faut-il vraiment attendre la mort du dernier dinosaure pour ne plus avoir à chanter des chants de dinosaures à la messe?
 Pour moi un des grands problèmes de ces chants dinosaures et de cette liturgie dinosaure, c'est qu'il s'agit en grande partie pratiquement d'une génération spontanée, qui a perdu la filiation humaine et divine de la Tradition. C'est une petite tradition des années 60 parmi d'autres (ma paroisse a été étonnement épargnée par les générations du renouveau), et comme telle, effectivement, elle est vouée à disparaître, mis à part une ou deux idées théologiques peut-être, un ou deux chants peut-être, un ou deux vrais travaux liturgiques qui trouveront ou garderont leur place dans la Tradition.
 Mais tout le reste, c'est du dinosaure voué à disparaître, dont l'Eglise attend le jour d'être enfin libéré.

 Car on ne vient pas à la messe pour se faire plaisir à chanter les chants bien de ce monde, mais on y va pour être transformé de fond en comble par le contacte avec la Tradition des siècles et l'universalité de tout le monde christianisé. Ce n'est pas en français, ni dans le langage musicale de notre pays et de notre siècle (ou de notre décennie pour parler des langages musicaux jetables) que pourra s'accomplir le mystère de cette sanctification: littéralement: de cette mise à part. On ne se met pas à part (on ne se sanctifie pas) avec tous les monstres et dinosaures qu'on a introduit après le concile et malgré le concile dans nos liturgies.

 La meilleur, c'est quand on me reproche que je ne fais que ce que j'aime en interprétant du chant grégorien. Que je me fais plaisir en chantant en latin...
 Je ne doute pas un seul instant que ce chant est beaucoup plus aimable que les cantiques jetables, mais je constate que pour l'aimer vraiment, il vous demande beaucoup de travail. Il faut se dépasser et se forcer à l'apprendre pour l'aimer vraiment. Le vrai plaisir, c'est un fruit de travail (personnel), et non pas le ramassage du dernier chant de publicité entendu à la radio.

 Voilà: je reviens à l'idée de la conversion, du changement, du dépassement, de la transformation, de la sanctification, de la mise à part, de l'universalisation. Il n'y aura pas de BONUM COMMUNE sans COMMUNIO SANCTORUM qui ne date pas des années 60.

 P.S. On ne peut pas sacraliser les chants et les habitudes liturgiques de l'immédiat après concile et rester cantonné dans ces chants et cette liturgie. (En réalité, ces liturgies n'ont pas grand chose à faire avec le concile, à part de lui attribuer les envies, les désirs et les libertés interdites avant le concile... En fait, le concil n'a pas fait que lever les interdits, il a gardé toutes les recommandations positives, toute la Tradition positive... Faire croire qu'il a levé les interdits et interdit les obligations, voilà l'esprit bien perverti qui s'est tourné contre ce concile.)
Par Jean von Roesgen - Publié dans : pastorale
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  • Jean von Roesgen
  • Le blog de Jean von Roesgen
  • Homme
  • 08/01/1963
  • Lot Le Bourg
  • peinture jardinage chant grégorien
  • J'ai fait théologie, puis les beaux arts comme études. Si je les avais fait dans l'autre sens, peut-être que j'aurai plus de crédit auprès de cette Eglise...
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